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Apollo 11

Dossier - Nasa : 50 ans de conquête spatiale
DossierClassé sous :Astronautique , Nasa , cinquantième anniversaire de la Nasa

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La Nasa, née le 29 juillet 1958, fête ses cinquante années d’existence. Après avoir retracé sa genèse depuis les pères fondateurs de l’Astronautique, nous nous attarderons sur quelques-unes des missions les plus marquantes de ses débuts, jusqu’au premier débarquement sur la Lune qui marqua à la fois la fin d’une grande aventure humaine et le commencement d’une autre, encore plus ambitieuse.

  
DossiersNasa : 50 ans de conquête spatiale
 

Le 16 juillet 1969 à 13 h 32 TU, Apollo 11 au grand complet emmène le commandant de bord Neil Armstrong, le pilote du module de commande Michael Collins et le pilote du module d'atterrissage Edwin Aldrin en orbite de transfert. 2 heures 33 minutes plus tard, le gros moteur du troisième étage est remis en route, arrachant l'ensemble à l'attraction terrestre et le propulsant vers la Lune, autour de laquelle il se place en orbite 75 heures après le lancement.

Départ d'Apollo 11. Crédit Nasa

Le 20 juillet, Armstrong et Aldrin prennent place à bord du module d'atterrissage Eagle et celui-ci se sépare, s'inscrivant sur une orbite elliptique à 15 km d'altitude. Puis le moteur de descente est mis en route et la trajectoire s'incurve vers le sol. A 20 h 17m 40 s, après quelques manœuvres destinées à éviter un cratère important, les témoins de contact s'allument à bord de l'étroit habitacle et la pompe à carburant est coupée. Eagle se pose dans la Mer de la Tranquillité.

Le reste de la mission s'accomplira comme dans un rêve. Kennedy avait gagné son pari à titre posthume, la nation américaine tout entière était euphorique et le faisait savoir, n'hésitant pas à annoncer l'arrivée prochaine d'hommes sur Mars...

La mission

Comparativement aux missions Apollo ultérieures, les objectifs scientifiques de celle-ci, essentiellement dédiée aux premiers pas humains sur notre satellite, étaient relativement modestes.

Au cours de leur unique sortie, les astronautes ne parcoururent qu'environ 250 mètres à la surface en 2 h 31 mn. Armstrong fut le premier à descendre l'échelle du LM, et prononça les paroles qui devinrent immédiatement historiques : « That's one small step for a man, one giant leap for mankind. », ce qui se traduit par « C'est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l'humanité ». Il est à noter que cette phrase a été sujette à polémique, car suite à une faiblesse des transmissions, l'article « a » (un) s'est perdu dans le bruit de fond, ce qui devenait « That's one small step for man » ou « C'est un petit pas pour l'Homme », ce qui en modifiait complètement le sens. Finalement, l'article « a » fut réintroduit dans le compte-rendu officiel, avec l'accord des astronautes.

Rameau d'olivier en or (16,5 cm de long) déposé sur la Lune par Armstrong, témoignant des intentions pacifiques du programme lunaire américain. Crédit Nasa

Sur la Lune, le premier geste d'Armstrong fut de ramasser un échantillon de sol et de le disposer dans une poche de sa combinaison afin de ramener au moins quelque chose en cas de retour d'urgence. Aldrin le suivit bientôt et ensemble, ils installèrent un réflecteur laser et l'orientèrent soigneusement (une précision de 5° était nécessaire sous peine de ne pouvoir l'utiliser depuis la Terre). Il permettra ensuite de mesurer en permanence la distance Terre-Lune avec une précision centimétrique. Un sismomètre, le premier à fonctionner sur le sol lunaire, fut aussi disposé à quelques dizaines de mètres de l'atterrisseur.

Apollo 11 sur la Lune. En avant-plan, Aldrin et le sismographe Alsep. Crédit Nasa

Durant ce temps, les techniciens de Cap Canaveral tentaient de déterminer l'endroit exact où le vaisseau s'était posé. En effet, Aldrin avait été gêné par les alarmes qui lui vrillaient les oreilles durant l'approche, signalant que l'ordinateur de bord était saturé, ce qui lui avait fait enclencher l'allumage du moteur de descente avec un dixième de seconde de retard. Cela avait suffi pour que le LM atterrisse 7 kilomètres au-delà de l'endroit initialement prévu. Plus tard, l'analyse des données révéla qu'au moment de l'atterrissage, le LM ne disposait plus que de 16 secondes de réserve de carburant.

Le cratère évité par Apollo 11, qui donna des sueurs froides aux astronautes... et à la Nasa. Crédit Nasa

Le retour faillit poser un sérieux problème... en réintégrant le LM tout en se contorsionnant, Aldrin brisa l'interrupteur déclenchant la mise en route du moteur de remontée. Celui-ci étant du type à poussoir, le seul moyen de l'actionner était d'y introduite une pointe suffisamment solide et fine. L'astronaute démonta un stylo à bille (de marque Fisher Space Pen, toujours commercialisé aujourd'hui), et utilisa la cartouche à cette fin.

Le retour s'effectuera sans le moindre incident, et le 24 juillet à 16 h 50, le module de commande d'Apollo 11 amerrira dans l'océan Pacifique où l'équipage sera récupéré, ainsi que 21,7 kg de précieux échantillons lunaires.