Chat avec Roger-Maurice Bonnet : le transcript

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Futura-Sciences vous a proposé, en partenariat avec CanalChat de dialoguer avec Roger-Maurice Bonnet le lundi 24 mars 2003.

  
DossiersChat avec Roger-Maurice Bonnet : le transcript
 

 Futura-Sciences vous a proposé de dialoguer avec Roger-Maurice Bonnet le lundi 24 mars 2003.

Bonjour à toutes et tous, nous sommes heureux de recevoir Roger-Maurice Bonnet !

Bonjour à toutes et à tous !

Enguerran : J'aimerais savoir ce que vous faites !

Je suis directeur de recherche émérite au CNRS et je suis localisé à l'institut d'astrophysique spatiale à Orsay.
Je suis également directeur exécutif de l'ISSI à Berne, en Suisse, et président du COSPAR depuis octobre 2002.

dred : Que pensez-vous de l'échec du lancement d'Ariane 5 ?

L'échec du lancement est un revers très grave pour l'évolution du programme Ariane, compte tenu de l'importance de ce programme pour l'indépendance Européenne de l'accès à l'espace. Il est impératif de corriger les erreurs qui affectent ce programme et de placer en toute première priorité la remise sur pieds du programme d'évolution d'Ariane 5.

Zani : Etes-vous fier d'Hubble ?

Je suis très fier d'Hubble mais pas seulement d'Hubble. Je suis aussi fier de toutes les missions auxquelles l'Europe a participé depuis plus de 20 ans, que ce soit dans le domaine de l'astronomie, de l'exploration du système solaire ou des sciences de la terre. Certainement, Hubble a créé une véritable révolution astronomique de par la qualité inégalée de ses observations.

Joe : Quel avenir pour Ariane, aujourd'hui ?

Le lanceur Ariane 5 a un avenir qui devrait lui être assuré pour lancer les satellites de la classe 5 tonnes et plus. Ces satellites sont en général ceux utilisés pour le marché des télécommunications et pour la télévision directe. Certains satellites gouvernementaux, que ce soit pour l'observation scientifique ou pour l'observation de la Terre peuvent apporter un complément d'utilisation. La capacité d'Ariane 5 ESC-A permet des lancements doubles jusqu'à une charge totale de 10 tonnes et permet donc de remplir les besoins du marché, à condition que le programme redémarre après l'accident du vol 517 dans les délais les plus rapides tout en étant compatibles avec les règles de sécurité et de qualité.

Marsokhod : A propos de l'indépendance européenne, comment voyez-vous le projet d'implantation d'un pas de tir Soyouz à Kourou ?

L'implantation d'un pas de tir Soyouz à Kourou est un sujet controversé qui résulte avant tout de considérations politiques. Le lanceur Soyouz apporte un complément de capacité de lancement à Ariane 5 pour la classe des satellites 2 à 3 tonnes, mais il peut être lancé de Baïkonour. La décision d'installer une base de lancement à Kourou devrait être prise sur la base d'une analyse sérieuse des aspects concurrentiels avec Ariane 5, capable elle aussi de lancer des satellites de 2 à 3 tonnes en lancement double.