Une impression d'artiste montrant l'effet du LHB sur la Lune (en haut), expliquant la présence de nos jours des mers lunaires (en bas). © Tim Wetherell - Australian National University

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Grand bombardement tardif

DéfinitionClassé sous :Astronomie , Grand bombardement tardif , modèle de Nice

Le Grand bombardement tardif (ou Late Heavy Bombardment : LHB en anglais) est une période de l'Histoire du Système solaire s'étendant approximativement de 4,1 à 3,9 milliards d'années, durant laquelle se serait produite une notable augmentation des impacts météoriques ou cométaires sur les planètes telluriques.

Le LHB pour expliquer l'âge des roches lunaires de bassins d'impacts

Elle a été introduite pour rendre compte des curieuses mesures concernant les âges des roches lunaires de grands bassins d'impacts, respectivement la mer des Pluies (Mare Imbrium), la mer des Nectars (Mare Nectaris) et la mer de la Sérénité, rapportées sur Terre par les missions Apollo 15, Apollo 16 et Apollo 17. Alors que les datations des plus vieilles météorites donnent un âge d'environ 4,5 milliards d'années pour le Système solaire, les cosmochimistes ont trouvé des âges de l'ordre de 4 milliards d'années pour les roches des mers lunaires.

Les modèles de formations des planètes par accrétion prévoyant un baisse importante du taux de bombardement des planètes quelques centaines de millions d'années après la naissance du Système solaire, le moyen le plus simple d'expliquer la formation des grands bassins d'impacts est donc de postuler une brusque remontée du taux de bombardement météoritique il y a environ 4 milliards d'années. Les grands bassins d'impacts Caloris sur Mercure et Hellas sur Mars dateraient aussi de cette époque, ce qui confirmerait qu'un grand bombardement tardif a bien affecté l'ensemble des planètes telluriques. On a donc postulé un LHB, bien que le débat quant à son existence réel ne soit pas clos.

Actuellement, la meilleure théorie expliquant ce LHB est celle faisant intervenir une migration des planètes géantes (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune), qui aurait produit diverses résonances, conduisant à déstabiliser les ceintures d'astéroïdes existantes à cette période. Elle a été développée par Alessandro Morbidelli et ses collègues sous la forme d'un modèle numérique aujourd'hui connu sous le nom de Modèle de Nice.