Pendant les années 1970, des membres éclairés de la British Interplanetary Society (BIS) ont étudié le concept d'un vaisseau spatial capable d'atteindre 12 % de la vitesse de la lumière. Le projet Daedalus se basait sur l'utilisation d'explosions thermonucléaires à intervalles réguliers pour atteindre cette performance. © Adrian Mann, Bisbos.com

Sciences

Projet Daedalus

DéfinitionClassé sous :Astronautique , sonde interstellaire , ia

Par Laurent Sacco, Futura

 

Sous l'influence des problèmes posés par le paradoxe de Fermi, une douzaine de scientifiques et d'ingénieurs ont cherché à savoir si le voyage interstellaire était possible. Il en a résulté de 1973 à 1978 le projet Daedalus qui a été conduit dans le cadre de la célèbre British Interplanetary Society (la BIS dont Arthur Clarke a été le secrétaire).

Le projet Daedalus est considéré comme l'étude la plus complète et la plus solide à ce jour du concept de sonde interstellaire du point de vue de l'ingénierie et des lois de la physique. Concrètement, il s'agissait de montrer qu'en utilisant une technologie déjà disponible au XXe siècle ou dont la maîtrise serait très plausible au cours du XXIe siècle, il était possible de rejoindre un système stellaire proche pendant l'intervalle d'une vie humaine.

En l'occurrence, il s'agissait de pouvoir atteindre l'étoile de Barnard située à 5,9 années-lumière du Soleil et dont on pensait, à tort, à l'époque, qu'elle possédait au moins une exoplanète. Aujourd'hui, la cible pourrait plutôt être Proxima b.

Une vidéo de présentation du projet Daedalus avec des images d'artiste. © Times Infinity

Un vaisseau interstellaire allant à 12 % de la vitesse de la lumière

Selon les membres du projet, il était possible de remplir les conditions demandées en construisant une sonde de 190 mètres de long, constituée de deux étages, propulsée par des explosions thermonucléaires et emportant une charge utile de 450 tonnes à 12 % de la vitesse de la lumière. Des capsules contenant un mélange de deutérium et d'hélium 3 et éjectées au rythme de 250 par seconde dans une sorte de tuyère seraient comprimées par des faisceaux d'électrons jusqu'à l'ignition de réactions thermonucléaires explosives. Le plasma produit par cette fusion inertielle devait être confiné par des champs magnétiques.

Un aller simple était prévu car, pour garder le projet réaliste, la sonde ne pouvait pas emporter le carburant nécessaire à la décélération. Un bouclier en béryllium, destiné, en s'abrasant, à protéger la sonde des collisions avec des poussières interstellaires, était complété par un nuage de particules généré grâce à un petit robot en avant, à 200 km, afin de détruire des petits blocs rocheux qui se trouveraient sur son passage. À 12 % de la vitesse de la lumière, une collision avec des corps de seulement quelques grammes produirait en effet une explosion d'une puissance supérieure à celle de plusieurs centaines de kilogrammes de TNT.

La charge utile de 450 tonnes serait équipée d'un superordinateur doué d'un certain niveau d'intelligence artificielle et des robots capables d'effectuer des réparations mineures. Avant d'arriver dans le cortège planétaire supposé de l'étoile cible, de plus petites sondes robotisées seraient larguées afin de se diriger au plus près des exoplanètes découvertes (bien sûr, à 12 % de la vitesse de la lumière, les sondes ne feraient que survoler ces corps célestes).

On peut imaginer que des civilisations E.T. avancées sont en fait des super IA voyageant entre les étoiles à bord de vaisseaux interstellaires similaires au Daedalus.

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