Le véhicule Orion autour de la Lune. © Nasa

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Vol habité autour de la Lune : avec Orion, la Nasa veut limiter les risques

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Alors que la construction du véhicule Orion bat son plein, la Nasa a dévoilé de nouvelles informations sur le premier vol habité autour de la Lune que doit réaliser cet appareil en 2021. Surprise : il sera plus court qu'initialement annoncé. L'agence spatiale ne veut pas prendre de risques.

La Nasa développe son propre véhicule pour l'exploration : Orion. Celui-ci est conçu pour des missions de quelques jours à plusieurs semaines. Après un premier vol d'essai inhabité de quelques heures, et en attendant un autre vol, toujours inhabité, de plus de trois semaines, la Nasa planifie une première mission habitée à l'horizon 2021.

Elle a récemment annoncé que la durée de vol de cette mission sera de seulement 8 jours, contre 9 à 13 jours initialement prévus. Le plan de vol a également été modifié, en raison d'une meilleure compréhension des risques associés à la mission, explique la Nasa dans son communiqué qui souligne que la mission a été adaptée de façon appropriée au risque que l'équipage est prêt à prendre. Ce sera par ailleurs la première fois que le système de soutien de vie sera utilisé avec un équipage à bord. Si une panne devait se produire, la Nasa veut pouvoir ramener sur Terre en sécurité le véhicule, peu importe où il se trouvera.

Le véhicule Orion avec, à l'arrière, l'étage supérieur EUS qui sera utilisé pour l'amener d'une altitude de 160 kilomètres à une orbite elliptique avec un apogée de quelque 35.000 km et un périgée de 15.000 km. © Nasa

Concrètement, cette mission prévoit seulement une boucle (en forme de huit) autour de la Lune, plutôt que l'idée initiale qui prévoyait de rester en orbite pendant plusieurs heures, voire quelques jours. Cependant, la Nasa garde la possibilité de faire durer le plaisir et pourrait, le cas échéant, autoriser le véhicule à rester jusqu'à 21 jours en orbite. Cela dépendra évidemment du comportement de l'appareil et de celui du module de service qui, rappelons-le, est fourni par l'Agence spatiale européenne (ESA), qui le fait construire par Airbus Defence and Space. 

Un départ pour la Lune en plusieurs étapes

Le profil de cette première mission habitée est appelé, dans le jargon spatial, Injection Multi Trans-Lunaire avec de multiples mises à feu et une trajectoire de retour libre de la Lune. Un retour sur Terre qui minimise les risques car, dans cette configuration, Orion n'aura pas besoin de rallumer son moteur pour rejoindre sa planète. Son départ à destination de la Lune se fera en plusieurs étapes. Après deux orbites autour de la Terre à 160 kilomètres d'altitude, l'étage supérieur EUS allumera ses quatre moteurs pour placer Orion sur une orbite très elliptique d'environ 1.500 X 35.000 km, puis s'en séparera. Le module de service d'Orion prendra ensuite le relais avec une deuxième et dernière mise à feu qui propulsera le véhicule sur une trajectoire à destination de la Lune.

Avant ce vol habité, Orion aura réalisé en 2018 un vol à vide d'une durée de 25 ou 26 jours sur une orbite rétrograde lointaine autour de la Lune. L'objectif de cette mission consiste à valider à la fois les performances de la capsule avant son utilisation pour le vol habité et celles du nouveau lanceur lourd de la Nasa, le Space Launch System (SLS). Une durée de mission étonnamment longue mais qui s'explique par la volonté de la Nasa de tester le véhicule sous toutes les coutures et de lui faire réaliser une large gamme de manœuvres que le véhicule pourrait avoir à réaliser lors de ses futures missions d'exploration.