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En bref : la Nasa choisit Boeing et SpaceX pour ses "taxis de l’espace"

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La Nasa parie sur SpaceX et Boeing pour transporter ses astronautes à bord de la Station spatiale internationale et les redescendre sur Terre. Tous les deux proposent des capsules de type Apollo, mais si Boeing avec son CST-100 effectue un vol retour en mer, le Dragon habité de SpaceX pourra revenir en mer et au sol. Le Dream Chaser de Sierra Nevada, sorte de mini navette avec une structure lifting body (aile porteuse) qui revient comme un planeur n'a pas été retenu par la Nasa.

Les deux premiers vaisseaux spatiaux privés capables de transporter des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). En haut, le CST-100 de Boeing et, en-dessous, la version habitée de la capsule Dragon de SpaceX.

Première puissance spatiale au monde, les États-Unis avaient perdu de leur superbe quand, en juillet 2011, l'épopée des navettes avait pris fin avec le dernier vol d’Atlantis. Ils se retrouvaient alors littéralement cloués au sol, incapables de lancer leurs propres astronautes et de ravitailler la Station spatiale internationale (ISS). La faute à Barack Obama qui, en 2010, annule le programme Constellation proposé pour un « retour sur la Lune »

En effet, lorsqu'en 2004 les Américains décident de l'arrêt en vol des navettes à la fin de la construction de la Station spatiale internationale, la Nasa prévoyait que le véhicule spatial Orion qu'elle développait alors dans le cadre du programme Constellation, les remplace pour assurer le transport des astronautes américains et la rotation des équipages de l'ISS.

En remplacement du programme Constellation, les États-Unis font le pari de la privatisation du transport spatial à destination de l'ISS. Deux partenariats public-privé sont donc mis en place pour organiser la compétition entre les firmes américaines qui sollicitent des contrats de service. Ce sera COTS pour le fret, remporté par SpaceX et Orbital Sciences lesquels aujourd'hui se partagent le ravitaillement de l'ISS, l'un avec la capsule Dragon (SpaceX) et l'autre avec le cargo Cygnus (Orbital Sciences). Pour le transport des astronautes, ce sera CCDEV qui voit s'affronter les capsules de type Apollo de Boeing et SpaceX, la mininavette de Sierra Nevada et le lanceur Liberty d'ATK et d'Airbus Espace.

Un vol de la capsule Dragon V2 avec retour de 6 astronautes, freinage atmosphérique et atterrissage en douceur sur rétrofusées. © SpaceX

Ne plus dépendre de la Russie

Après avoir écarté le projet d’ATK et d’Airbus Espace, en août 2012, la Nasa a officiellement choisi les projets de SpaceX et de Boeing pour construire les deux premiers vaisseaux spatiaux privés capables de transporter des astronautes vers ISS. Le service de "taxis de l'espace" est prévu pour débuter avant la fin de l'année 2017. Des vols d'essais, inhabités, sont prévus dans le courant de l'année 2015 et un premier vol de démonstration habité à destination de la Station spatiale internationale est possible à l'automne@ 2017.

Il s'agit d'un contrat potentiel de 6,8 milliards de dollars qui devrait mettre un terme à la dépendance des États-Unis vis-à-vis de la Russie laquelle fournit des lanceurs Soyouz pour convoyer les astronautes de la Nasa, mais également ceux des autres partenaires internationaux. Boeing s'en est vu attribuer la plus grande part, avec 4,2 milliards de dollars, tandis que 2,6 milliards reviennent à SpaceX.