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Un an à bord de l'ISS pour préparer un voyage vers Mars

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Dans deux mois, débutera une expérience inédite d'un an à bord de la Station spatiale internationale. Deux astronautes, un Américain et un Russe, vivront et travailleront dans le complexe orbital. Ils s'astreindront à de nombreuses expériences médicales et physiologiques pour préparer au mieux les futurs voyages à destination de la planète Mars.

Les deux membres de l'équipage de la Station : l'astronaute de la Nasa, Scott Kelly, et le cosmonaute de Roscosmos, Mikhail Kornienko, participeront à une mission d'un an à bord du complexe orbital. © Nasa

L'entraînement touche a sa fin pour Scott Kelly et Mikhail Kornienko. Ces deux astronautes ont été sélectionnés il y a deux ans pour préparer une expérience inédite à bord de la Station spatiale internationale. Dans deux mois, le 27 mars, ils rejoindront le complexe orbital à bord d'une capsule Soyouz pour une mission d'un an dans le cadre d'une étude sur les effets physiologiques et psychologiques d'un long séjour dans l'espace en vue de préparer de futures missions vers Mars. Ils redescendront sur Terre par le même moyen au printemps 2016.

Il s'agira de la plus longue période ininterrompue passée dans l'ISS depuis le premier équipage en 2000. Pour rappel, les rotations se font tous les six mois et certains astronautes sont envoyés pour des durées plus courtes d'une semaine.

Quelles conséquences pour la santé des astronautes ?

Sur les douze années de présence humaine permanente à bord de l'ISS, les chercheurs ont accumulé des données précieuses (et souvent surprenantes) sur les effets de la microgravité sur la santé des astronautes mais pas suffisamment. Au sol, des études sont également menées pour étudier les effets psychologiques et physiques d'une mission de longue durée dans l'espace.

Les expériences les plus connues sont les alitements prolongés. Certains se souviennent aussi sûrement de l'expérience Mars 500, mise en place par l'Agence spatiale européenne, Roscosmos et l'Académie russe des sciences et pilotée par l'Institut biomédical de Moscou (IBMP). Pendant 520 jours, elle a permis de simuler un voyage aller et retour à destination de la planète Mars. Lors de cette expérience, six volontaires, trois Russes, un Chinois, un Italien et le Français Romain Charles ont été enfermés pendant 520 jours afin d'étudier les effets d'un tel isolement.

Le complexe orbital et ses 420 tonnes offre un volume habitable d'environ 916 mètres cubes. © Nasa

Simuler une mission martienne dans des conditions proches de celles d'un vol vers la Planète rouge n'est pas évident, surtout au sol. De nombreux aspects sont mis de côté. C'est notamment vrai pour l'exposition aux radiations ainsi qu'à l'apesanteur et les risques qu'elle fait peser sur la santé et la condition physique des astronautes.

Ces deux facteurs clés pour un vol habité vers Mars seront en revanche bien pris en compte lors de l'expérience à bord de l'ISS. Il sera ainsi possible de comprendre comment le corps humain réagit à la microgravité et, dans une certaine mesure, aux rayonnements (la Station évolue en effet sous les ceintures de Van Allen). Les futurs voyageurs spatiaux devront aussi faire face à d'autresconditions qui ne peuvent être simuléessur Terre, comme ce fut le cas lors de l'expérience Mars 500 par exemple.

Les effets de la microgravité

Cette mission apportera un complément d'informations significatif sur la façon dont le corps humain réagit et s'adapte à l'environnement spatial. Ces nouvelles données serviront également à mettre au point des parades pour réduire les risques de détérioration du corps humain qui restent un frein à l'exploration humaine de l'espace. Plus généralement, cette première mission de longue durée vise à étendre les limites de notre façon de vivre et de travailler dans l'espace (chose qui n'est pas naturelle pour le corps humain en apesanteur) et accroître nos connaissances des effets de la microgravité sur les êtres humains.

Enfin, le seul paramètre qui ne pourra jamais être simulé est le voyage en lui-même et les dangers encourus dans l'espace (rayonnement, collision, panne mécanique) qui n'ont pas pu être simulés. De plus, sur le plan psychique, ces volontaires savaient que le risque est moindre, alors que les astronautes en route vers la Planète rouge auront conscience que bien des mésaventures pourront leur arriver et qu'ils mettent leur vie en jeu.