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Décés d'Albert Ducrocq

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Albert Ducrocq, qui fut l'un des premiers journalistes français scientifiques à couvrir les événements historiques de la conquête spatiale, a succombé lundi soir à une crise cardiaque, à l'âge de 80 ans, a-t-on appris mardi de source proche de sa famille.
Né en 1921 à Versailles, auteur d'une trentaine d'ouvrages de vulgarisation scientifique et d'innombrables articles (il fut notamment chef du service scientifique des suppléments du "Figaro" et collaborateur pendant de très longues années des revues "Sciences et avenir" et "Air et cosmos"), Albert Ducrocq s'est fait surtout remarquer en tant que commentateur à Europe-1.
Sur les ondes de cette radio, il a su faire partager aux auditeurs son enthousiasme pour les premiers exploits de l'homme dans l'espace, du premier spoutnik, mis sur orbite par les Soviétiques en 1957, aux fusées européennes Ariane, entrées en service dans les années 1980, en passant par les missions lunaires américaines Apollo, entre 1969-1972.
Paradoxalement, ce chantre de l'épopée spatiale éprouvait une peur profonde des voyages en avion. Celui qui a raconté, avec lyrisme et un ton passionné digne des commentateurs sportifs, d'innombrables vols d'Ariane, depuis... le siège d'Arianespace à Evry, n'a osé se rendre, presque contraint et forcé, qu'une seule fois de sa vie au Centre spatial de Kourou.
Après avoir mené de front études littéraires et des études scientifiques, achevées par une thèse de mathématiques et une thèse de physique (préparée auprès de Louis de Broglie), et avoir été chargé en 1943 d'une mission sur les armes secrètes allemandes, pour le compte des Américains, Albert Ducrocq s'était orienté, après la seconde guerre mondiale, vers la cybernétique et l'astronautique.
Il a été, entre autres, directeur de la Société française d'électronique et de cybernétique et président de la Fédération nationale de l'automation, mais aussi professeur à l'Ecole des hautes études commerciales, puis à l'Institut d'études politiques.
Il est l'auteur de plus d'une trentaine d'ouvrages, parmi lesquels : "L'atome, univers fantastique", "Destins industriels du monde", "Le roman de la matière", "Demain l'espace", "Victoire sur l'énergie", "Vers une société de communication".
Enfin, Albert Ducrocq avait créé le Prix international d'astronautique Galabert (du nom d'un industriel-mécène passionné par les exploits spatiaux), dont les premiers lauréats furent les premiers hommes de l'espace, le Soviétique Youri Gagarine et l'Américain Alan Shepard.