La Chine vise le tourisme spatial. Ici, l'atmosphère terrestre et la frontière de l'espace vues depuis la Station spatiale internationale. © Nasa

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Tourisme spatial : la Chine annonce un avion suborbital

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Non contente d'avoir rattrapé une partie de son retard technologique, la Chine a décidé de se lancer à l'assaut du marché du tourisme spatial. Elle vient ainsi de dévoiler une famille d'avions spatiaux. Les premiers vols commerciaux sont prévus à l'horizon 2020.

Parmi les nombreuses annonces du 67e congrès international d'astronautique qui s'est tenu en septembre dans la cité mexicaine de Guadalajara, on signalera celle de l'Académie chinoise de technologie des lanceurs (Calt), qui n'est autre que l'agence chinoise en charge des lanceurs du pays. Cette dernière a en effet présenté un projet d'avion spatial (le terme « suborbital » semble plus approprié) pour du tourisme spatial qu'elle développe en partenariat avec un industriel chinois.

Ce sur quoi travail la Calt est tout de même très ambitieux : il s'agit d'un avion spatial qui décollera à la verticale, comme un lanceur, et se posera à l'horizontale, sur une piste d'atterrissage ; il sera réutilisable 50 fois.

Vue d'artiste du projet d'avion spatial chinois qui pourrait entrer en service commercial au début des années 2020. © Chinese Academy of Launch Vehicle Technology

L'avion spatial en projet le plus grand du monde

Selon le nombre de touristes spatiaux à transporter à la frontière de l'espace (quelque 100 kilomètres d'altitude), ou légèrement plus haut (130 kilomètres de haut), deux versions seront construites :

  • un avion de 10 tonnes et d'une envergure de 6 mètres pourra voler jusqu'à une centaine de kilomètres d'altitude avec cinq personnes à son bord, avec la promesse de 2 minutes d'apesanteur.
  • L'autre avion spatial sera plus grand, plus lourd et volera plus haut : un appareil de 100 tonnes, avec une envergure de 12 mètres, pouvant faire voler 20 personnes à 130 kilomètres à Mach 8, donnant 4 minutes d'apesanteur.

Le deuxième avion cité est l'avion spatial en projet le plus grand au monde. À titre de comparaison, le SpaceShipTwo de Virgin Galactic ne pourra transporter que 6 personnes, comme la capsule du New Shepard de Blue Origin d'ailleurs. Quant au Lynx d’XCor Aerospace, seul un passager pourra prendre place à bord de l'avion, à la droite du pilote.

Une troisième version pour le lancement de petits satellites

Si l'on se fie à l'optimisme de la Calt, des vols d'essais sont prévus d'ici deux ans et un premier vol habité pourrait avoir lieu au début de la décennie 2020. Il vous en coûtera entre 200.000 et 250.000 dollars (entre 180.000 et 220.000 euros au cours actuel), ce qui est raisonnable.

Cela dit, pourquoi la Calt, en charge des lanceurs, s'engage-t-elle dans un tel programme ? Eh bien, tout simplement parce qu'il existe une troisième version pour le lancement de petits satellites. Une version qui rentre bien plus dans le champ de compétences de la Calt qu'un avion dédié au tourisme spatial. En effet, la version 100 tonnes est suffisamment performante pour cela. Comme le Soar de Swiss Space Systems (S3), elle nécessitera l'utilisation d'un étage supérieur, qui sera installé sur le dos d'un avion, pour lui permettra de lancer un satellite en orbite basse.

Techniquement, de nombreuses zones d'ombre existent et des questions mériteraient une réponse pour permettre de se faire une opinion plus précise sur les chances de réussite de ce programme.