Alors que le tourisme suborbital marque le pas et que ses avions spatiaux se font attendre, le tourisme spatial retrouve quant à lui des couleurs. D'ici quelques trimestres, il sera de nouveau possible de séjourner à bord de la Station spatiale internationale (ISS) et les premiers vols autour de la Lune sont annoncés pour 2020. © Remy Decourt, Nasa, Space Adventures

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Huit touristes prêts à débourser 150 millions de dollars pour tourner autour de la Lune

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La Lune sera-t-elle une destination touristique dès 2020 ? C'est en tout cas le pari fait par l'Agence spatiale russe et son partenaire américain Space Adventures. Ils souhaitent en effet utiliser la capsule Soyouz pour réaliser ce type de vols commerciaux. Un marché lilliputien estimé à seulement une trentaine de personnes richissimes. Pour le moment, huit personnes sont intéressées.

Scénario de science-fiction il y a encore quelques années, le tourisme autour de la Lune devient peu à peu une réalité... même s'il est, pour le moment, uniquement destiné à des personnes richissimes. En effet, depuis 2010, la société américaine Space Adventures commercialise ce séjour utopique à bord d'une version améliorée de la capsule Soyouz — cette dernière est actuellement utilisée pour les rotations des équipages à bord de la Station spatiale internationale (ISS). La vénérable capsule, dont la conception remonte aux années 1960, sera évidemment adaptée pour ce voyage qui durera une quinzaine de jours.

L'idée de l'Agence spatiale russe (Roscosmos) et de son partenaire américain serait de réaliser, dès 2020, un voyage de 10 jours à bord de l'ISS, suivi d'un vol à destination de la Lune. Le départ vers notre satellite naturel se ferait ainsi après une période d'acclimatation à l'apesanteur dans la Station.

Le vol se ferait à bord d'une capsule Soyouz à laquelle un module lunaire devrait être amarré en orbite. Ce dernier comprendrait une partie pressurisée pour y séjourner et une autre qui abriterait le système de propulsion. Le survol de la Lune se ferait à une distance de seulement 100 kilomètres d'altitude.

La version lunaire de la capsule Soyouz devrait être mise au point par la firme russe RKK Energia. Elle se compose d'un module additionnel comprenant une partie pressurisée et un compartiment qui abrite le système de propulsion. Ce module sera lancé lors d'un vol distinct par un Proton afin de s'amarrer en orbite à une capsule Soyouz, à proximité de la Station spatiale. © Roscosmos, Space Adventures

Les vols touristiques à bord de l’ISS de nouveau commercialisés

Le prix du billet est de quelque 150 millions de dollars, soit environ 133 millions d'euros au cours actuel. Huit personnes sont intéressées, dont le réalisateur James Cameron et une famille japonaise. D'après les prévisions russes, 5 à 7 expéditions lunaires pourraient être nécessaires pour satisfaire la demande, estimée à environ 30 personnes.

Par ailleurs, l'Agence spatiale russe a récemment décidé de relancer la commercialisation de vols touristiques à destination de la Station spatiale internationale. Cette activité avait permis à sept personnes de séjourner plusieurs jours à bord du complexe orbital, entre 2001 et 2009. Puis, elle avait été suspendue lorsque des partenaires du programme ISS avaient décidé d'augmenter les effectifs permanents de la Station, passant de 3 à 6 astronautes (en juin 2009). En effet, depuis l'arrêt de la navette spatiale en juillet 2011, les capsules Soyouz sont les seuls véhicules spatiaux habités en service et, depuis cette décision, chacune de leurs places sont soit vendues aux agences spatiales partenaires de l'ISS, soit réservées aux cosmonautes russes et à leurs partenaires.

Voici quatre des sept touristes spatiaux qui ont rejoint l'ISS en prenant place à bord d'une capsule Soyouz. En haut, l'américano-iranienne Anousheh Ansari (2006) ; en bas, de gauche à droite, Dennis Tito, le premier touriste spatial (2001), Charles Simonyi, qui vola deux fois (2007 et 2009), et le clown Guy Laliberté, dernier touriste de l'espace à avoir volé sur un Soyouz (2009). © Nasa (assemblage R. Decourt)

En 2018, l'arrivée des véhicules habités de SpaceX et de Boeing devrait casser le monopole russe. À partir de cette date, les astronautes américains utiliseraient alors ces deux seuls véhicules pour rejoindre l'ISS et redescendre sur Terre.

Les places libérées à bord des capsules Soyouz sont d'ores et déjà commercialisées. Pour l'Agence spatiale russe, le manque à gagner est plus que significatif. Roscomos facturait en effet plus de 81 millions de dollars l'aller-retour à bord d’une capsule Soyouz, soit 72 millions d'euros. Ces vols touristiques, proposés à environ 50 millions de dollars (44 millions d'euros), serviront donc à combler ce manque à gagner suite à l'arrêt du contrat avec l'Agence spatiale américaine (Nasa).

Le transit de la Lune devant la Terre filmé depuis l’espace  Non, cette vidéo n’est pas un montage. C’est bien la face cachée de la Lune qui se révèle, et devant la Terre en plus... Construit avec une série d'images prises par le satellite DSCOVR, ce clip donne un point de vue pour le moins étonnant de notre planète.