Tian Gong, la station spatiale chinoise, pourra accueillir jusqu'à six personnes. Elle sera occupée en permanence par un équipage de trois taïkonautes. © CMSA

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Station spatiale chinoise : la Russie est invitée à y participer

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La Chine, qui prévoit de débuter la construction de sa station spatiale dès 2019, invite la Russie à la rejoindre dans ce projet. Une proposition à laquelle Moscou n'a pas encore répondu. Mais, dans un contexte de détérioration des relations avec ses partenaires occidentaux et des difficultés à financer son programme spatial, cette demande est évidemment très tentante.

Lors du Salon du Bourget, le responsable de Roscosomos a confirmé avoir reçu une invitation à participer au programme de la station spatiale chinoise dont la construction doit débuter en 2019. Cette proposition à laquelle Moscou n'a pas encore répondu s'est faite dans un contexte très défavorable à la Russie, entre difficultés budgétaires et détérioration des relations avec ses partenaires occidentaux. Cela dit, en dépit des sanctions occidentales qui frappent le pays du fait de la crise russo-ukrainienne, la coopération spatiale entre les partenaires du programme de la Station spatiale est bonne.

Cette invitation arrive aussi à un moment où la Russie doit prendre des décisions, d'une part concernant l'avenir de la Station spatiale internationale (ISS) - les partenaires prévoient de l'utiliser jusqu'en 2024, voire 2028 - et, d'autre part, la construction d'une station spatiale russe en réutilisant certains, si ce n'est pas tous, modules du segment russe du complexe orbital. Pour financer cette future infrastructure spatiale prévue en 2025, la Russie a d'ailleurs proposé aux Brics (groupe de cinq pays comprenant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud) d'y participer techniquement et financièrement.

La Russie reste dans l'expectative

Cette idée chinoise, aussi attrayante soit-elle, plonge les Russes dans l'expectative. C'est faire un choix qui les engagera pour au moins vingt ans et remettra à plat des pans entiers de leur programme spatial des vols habités et de l'exploration. Cela dit, cette participation à une station spatiale chinoise se heurte à un réel point de blocage. En effet, les Chinois ont prévu d'installer leur station sur une orbite dont le plan est incliné de 42,8° par rapport au plan de l'équateur. C'est une inclinaison très différente de celle de la Station spatiale internationale (51,6° par rapport au plan de l'équateur), qui la rendra difficile d'accès depuis les cosmodromes russes pour les véhicules Soyouz de transport d'équipage et de fret.

Pour en savoir plus

Découvrez la future station spatiale chinoise

Article de Rémy Decourt publié le 13/08/2016

En 2018, la Chine lancera la partie centrale de sa station spatiale. Deux autres modules suivront ensuite, puis un télescope spatial, non arrimé, viendra compléter l'ensemble. Le sas de cette station (sa porte, donc) sera ouvert à de nombreux pays qui n'ont pas les moyens d'un accès à l'espace.

L'Agence chinoise chargée des vols habités (CMSA) a fourni de nombreux nouveaux détails de son projet de Station spatiale, nommée Tian Gong, et dont la mise en service est toujours prévue au tout début des années 2020. Le premier élément de cette station, le module central Tian Hé, devrait être lancé en 2018.

Cette station spatiale sera composée de trois modules. Le module d'expériences I, baptisé Wen Tian, sera le premier laboratoire à venir s'arrimer sur le module central Tian He, quand celui-ci aaura été inspecté et validé par un séjour de taïkonautes avec un vaisseau Shenzhou. Wen Tian sera équipé d'un bras télémanipulateur et d'un sas de sortie extravéhiculaire.

Un télescope spatial naviguera de concert

Le module d'expérimentation II, appelé Meng Tian, constituera un laboratoire polyvalent, sur lequel le ravitailleur automatique Tianzhou viendra s'arrimer après avoir été satellisé par le lanceur CZ-7 depuis Wenchang.

Grande particularité, un télescope spatial volera à quelques encablures de la Station sur la même orbite afin de faciliter les opérations de maintenance. Son miroir de deux mètres de diamètre sera légèrement plus petit que celui du télescope spatial Hubble (2,4 m) mais son champ de vision sera bien plus grand. Comme Hubble lors de sa mise en service, les concepteurs de XunTian (c'est son nom) promettent de grandes avancées scientifiques.

Les trois modules de la station spatiale chinoise. De haut en bas, le module central Tian He, le module d’expériences I Wen Tian et le module d'expérimentation II Meng Tian. © CMSA

Priorité à la science

L'ensemble volera autour de la Terre entre 340 et 450 kilomètres, à peu près à la même altitude que la Station spatiale internationale. Son inclinaison sera en revanche différente. L'ISS est inclinée de 51,6° par rapport à l'équateur (pour lui permettre de survoler le territoire russe et d'être en contact quotidien avec le centre de contrôle situé à Korolev). L'inclinaison de la station spatiale chinoise sera quant à elle de 42 ou 43°. Elle survolera donc des latitude plus basses.

D'une durée de vie d'au moins dix ans, elle est prévue pour fonctionner jusqu'au milieu de la décennie 2030. Tian Gong sera surtout utilisée pour faire de la recherche dans le domaine de la médecine, des sciences spatiales et des nouvelles technologies. En fonction des besoins, d'autres modules viendront la compléter pour l'agrandir. Elle sera occupée en permanence par un équipage de trois taïkonautes et pourra accueillir six personnes lors des rotations des équipages, prévues tous les six mois mais des missions de 5 à 10 jours sont également prévues. Elle sera desservie par les véhicules habités Shenzhou et de ravitaillement Tianzhou, en cours de développement.

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