SpaceX envisage de mettre en orbite 4.425 satellites pour diffuser Internet en haut débit aux quatre coins du monde. © Nasa, Dimitri Gerondidakis

Sciences

Internet par satellite : SpaceX se prépare pour 2019

ActualitéClassé sous :SpaceX , Elon Musk , Internet par satellite

Auditionnée devant le Sénat des États-Unis, la vice-présidente de SpaceX a détaillé le projet de déploiement d'un réseau de plus de 4.000 satellites pour créer un accès Internet haut débit. L'entreprise d'Elon Musk compte lancer 1.600 satellites dès 2019.

En 2015, SpaceX, la société dirigée par Elon Musk, annonçait un projet de création d'un réseau de satellites destinés à diffuser un accès Internet haut débit. L'idée est d'en déployer 4.425 évoluant sur des orbites basses comprises entre 1.110 et 1.325 kilomètres d'altitude. Après avoir déposé en 2016 une demande auprès de la FCC (Federal Communication Commission), l'agence fédérale américaine en charge des télécommunications, SpaceX vient de franchir une nouvelle étape.

Patricia Cooper, la vice-présidente de SpaceX, a récemment passé une audition devant une commission du Sénat des États-Unis afin de fournir de plus amples précisions sur ce projet. Le réseau de satellites devrait être totalement opérationnel en 2024, mais SpaceX compte débuter les lancements dès 2019 avec une première flotte de 1.600 satellites. Pour mémoire, il y en a actuellement 1.459 qui orbitent autour de la Terre.

Elon Musk souhaite utiliser ses lanceurs Falcon 9 et Falcon Heavy

Pour assurer un déploiement aussi important, SpaceX compte se servir de ses lanceurs réutilisables Flacon 9 et Falcon Heavy. Pour ce qui est des performances du réseau Internet haut débit qui sera créé, la firme d'Elon Musk promet des débits équivalents à ceux que peut offrir la fibre optique terrestre. La connexion utilisera les bandes de fréquences Ku (entre 12 et 18 GHz) et Ka (entre 26,5 et 40 GHz).

Les satellites évolueront sur 83 plans orbitaux différents de manière à pouvoir cibler précisément les capacités réseau sur des zones choisies. Le temps de latence de cette connexion serait de 35 millisecondes, un délai suffisamment court pour pouvoir faire de la téléphonie IP, accéder à des services de streaming vidéo ou de jeux en réseau. Reste à savoir si SpaceX pourra tenir ce calendrier très ambitieux alors que l'entreprise s'est déjà fixé des défis colossaux avec son projet de vol habité et de colonisation de Mars.

Pour en savoir plus

Elon Musk veut envoyer 4.425 satellites pour connecter le monde à Internet

Article de Xavier Demeersman, paru le 18/11/2016

Internet partout et tout le temps, pour tout le monde, tel est le vœu formulé par Google et Facebook, mais aussi SpaceX. La firme d'Elon Musk entreprend de déployer une flotte inédite de 4.425 satellites pour diffuser Internet en haut débit sur la Terre entière. Cela commencerait par un premier essaim de 800 satellites pour couvrir les États-Unis.

Internet en haut débit pour tous et cela partout dans le monde serait-il en passe de devenir une réalité ? Il semble bien que oui. En 2013 déjà, le géant Google a émis l'idée de connecter la planète entière grâce à un système de ballons avec son projet Loon (comme balloon, en anglais, et loon qui veut dire dingue). Selon la firme de Mountain View, les deux tiers de la population mondiale n'auraient pas de connexion haut débit (cela concerne aussi certaines zones en France) et un milliard d'habitants n'auraient pas de connexions du tout. Autant d'opportunités économiques perdues... Mais bien sûr, il n'y a pas que cela. D'une durée de vie dans l'atmosphère (jusqu'à 20 km d'altitude) de 187 jours, ils sont voués à terme à se multiplier de façon à couvrir toute la surface du Globe. Plusieurs essais ont d'ores et déjà été menés avec succès, notamment en Nouvelle-Zélande, au Sri Lanka et en Indonésie.

Connecter toute la planète, cela intéresse aussi le milliardaire Elon Musk, patron de SpaceX, qui, comme on le sait, se donne souvent les moyens de réaliser ses ambitions (Mars... et au-delà, pour ne citer que l'une des plus connues). Son projet ? Déployer une flotte immense de 4.425 satellites pour arroser la Terre entière avec une connexion Internet haut débit (sur des bandes de fréquences Ku et Ka, entre 12 et 18 GHz pour les premières et entre 26,5 et 40 GHz, pour les secondes), partout, où que vous soyez. La start-up Outernet avait démontré que c'est possible.

Le futur lanceur lourd de SpaceX, le Falcon Heavy. © SpaceX

Les satellites de SpaceX s'installeraient sur plusieurs orbites

Dix mois après l'annonce de son plan, la société SpaceX vient de déposer, le 16 novembre, une demande au FCC (Federal Communication Commission). Le document nous en dit plus sur le déploiement de cette flottille de plus de 4.400 satellites. Un nombre très impressionnant quand on sait qu'il n'y a, actuellement, qu'environ 1.500 satellites artificiels en activité. Leur population se verrait ainsi littéralement quadruplée en l'espace de quelques années.

Dans un premier temps, il est prévu d'en envoyer 800 pour couvrir les États-Unis, Porto Rico et les îles Vierges. Mais comment toutes ces milliers d'unités de quelque 385 kg et mesurant 4 x 1,8 x 1,2 m seront-elles déployées ? Sur plusieurs niveaux d'orbites, qui plus est. Par lots de 50 pour les orbites à 1.110, 1.130 et 1.150 km de la surface et par lots de 75 à 1.275 et 1.325 km d'altitude. Avec les lanceurs Falcon 9 et Falcon Heavy, 16 lancements suffiraient pour le premier essaim de 800.

Coût total estimé de cette entreprise : 10 milliards de dollars (9,4 milliards d'euros). Alors, Elon Musk remportera-t-il ce pari de « fournir un service Internet global omniprésent » face à la concurrence de Google, et aussi de Facebook, dans ce domaine ? Nul doute que le projet le plus solide et abordable tirera son épingle du jeu.

Le Falcon 9 de SpaceX se pose sur une barge en mer  SpaceX avait déjà réussi à ramener sur la terre ferme le premier étage de son lanceur spatial après un vol court. Le 9 avril 2016, après cinq tentatives ratées, l'entreprise américaine parvenait pour la première fois à le faire atterrir sur une barge en pleine mer, dans l'océan Atlantique. Après le lancement d'un satellite, l'engin, qui s'est beaucoup éloigné de son site de décollage, a ainsi beaucoup moins de chemin à parcourir.