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Après l'exploit de Philae, Rosetta poursuit sa mission autour de sa comète

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Chacun son tour. Après avoir dédié l'essentiel de ses ressources au robot Philae, la sonde Rosetta de l'Agence spatiale européenne entre dans une nouvelle phase de sa mission autour de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Les onze instruments qu'elle a embarqués entrent maintenant en action.

Image anaglyphe, montrant un relief visible avec des lunettes rouge-bleu, acquise par la caméra de descente Rolis de Philae avant que le robot ne touche le sol, depuis une distance de trois kilomètres. Elle montre le site d'atterrissage initial (en bas) et en haut de l'image, sur le lobe de la comète, la zone à l'intérieur de laquelle l'atterrisseur se serait effectivement posé. © Esa/Rosetta/Philae/Rolis/DLR

L'aventure de Philae n'est pas encore terminée que déjà celle de Rosetta prend une nouvelle tournure. En effet, jusqu'à l'atterrissage du petit robot sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, la mission de Rosetta lui était pour ainsi dire entièrement dédiée. Quinze jours après cet événement historique, la première fois que l'on a réussi à poser des instruments sur une comète, dans les esprits Rosetta semble retourner à l'anonymat.

À tort, car Rosetta va maintenant adopter un mode de fonctionnement normal dans lequel les onze instruments à son bord vont peu à peu monter en puissance et se partager les ressources de la sonde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Quant à Philae, il n'est désormais que le douzième instrument de Rosetta et ne bénéficiera donc plus des mêmes attentions. À son réveil, la sonde se contentera de communiquer avec le robot et de relayer ses données vers la Terre

Après l'atterrissage rebondissant de Philae, la sonde Rosetta avec les onze instruments qu'elle embarque entre dans une nouvelle phase de la mission. © Esa, J. Huart

En attendant, une des tâches de Rosetta est de localiser le robot afin de savoir dans quelle position il s'est posé. En effet, on ignore où il a atterri exactement. Or, pour mesurer le taux d'ensoleillement et le temps nécessaire à sa batterie pour se recharger, les contrôleurs au sol ont besoin de connaître son environnement et la hauteur des parois qui l'entourent. On suppose qu'il est coincé entre deux rochers au pied de parois plus ou moins hautes. Ce que l'on sait avec certitude - et soulagement -, c'est qu'il n'est pas bloqué. En effet, avant que sa batterie ne se vide, Philae a pivoté de plusieurs degrés, de façon à se placer dans une position plus favorable pour ses panneaux solaires.

Rosetta change d'orbite

Pour mener à bien cette recherche et débuter son programme scientifique post-atterrissage, dans un premier temps, la sonde va rester positionnée entre 20 et 30 km d'altitude en fonction de l'activité de la comète. Plus cette activité va augmenter, se traduisant par des éjections grandissantes de gaz et de matière, et plus la sonde devra s'éloigner pour éviter d'être endommagée. Elle risque donc de ne plus être gravitationnellement liée à la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, ce qui en soi n'est pas un problème. Cette situation pourrait conduire la sonde à faire des déplacements lents sur le fond du ciel à quelque 45 km d'altitude.

Cela dit, malgré les risques, des mesures en rase-mottes, menées à seulement 8 km de la surface de la comète, sont prévues pour capter des images en haute résolution mais pas tout de suite.