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La souris domestique impliquée dans le cancer du sein ?

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C'est un sujet à polémiques qui ne date pas d'hier chez les cancérologues. Une étude publiée dans la revue Cancer, menée sur des sujets de 6 pays différents, relance le débat sur cette maladie qui frappe une femme sur neuf.

© LEEC-CNRS U2413 Souris domestiques

Des chercheurs new-yorkais relancent la thèse d'une origine virale du cancer du sein, un débat vieux de 60 ans qui ne fait toujours pas l'unanimité... D'autres éléments sont déjà supposés être impliqués dans le développement d'une tumeur au sein : âge, hérédité, pilule contraceptive, traitement hormonal substitutif ou facteurs environnementaux, etc. Si certains cancers sont effectivement liés à des virus (cancer du col de l'utérus, certaines leucémies...), dans le cas du cancer du sein, jusqu'ici, la cause virale avait plutôt été écartée.

Mais le virus MMTV, porté par la souris domestique (Mus domesticus), a poussé les scientifiques à rouvrir le dossier. C'est en travaillant sur des biopsies de tumeurs du sein de femmes originaires d'Australie, d'Argentine, des Etats-Unis, de Tunisie, d'Italie, et du Vietnam, qu'ils ont découvert chez certaines d'entre elles la présence de fragments d'ADN dont les séquences étaient très proches du MMTV.

Ainsi, plus de 70% des échantillons tunisiens présentaient ces fragments viraux, contre 35 pour les américains, italiens, australiens et argentins, et moins d'1% des vietnamiens. Des chiffres qui correspondraient grossièrement à la distribution du rongeur (très commun en Afrique, et un peu moins ailleurs). Selon les chercheurs, ces résultats ne démontrent pas que le virus est responsable du cancer, mais qu'il doit exister un lien entre les deux...

Beaucoup de médecins restent sceptiques quant à la découverte, car l'étude ne portait que sur 38 patientes tunisiennes. Pour les convaincre, il faudra encore isoler l'ADN complet du virus (les fragments retrouvés chez les patientes ne sont pas suffisants pour fournir une preuve évidente de la parenté avec l'ADN du MMTV) et prouver qu'il 'infecte' aussi bien les souris que les cellules humaines du sein en culture in vitro...