Sciences

Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement

ActualitéClassé sous :recherche , unesco , journée mondiale de la science

Nous célébrons le rôle essentiel que la science peut jouer pour parvenir au développement durable et améliorer les chances de paix. La Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement est l'occasion d'appeler l'attention sur la façon dont la science et la technologie peuvent contribuer à réduire la pauvreté, à protéger l'environnement et à améliorer la qualité de vie de tout un chacun.

Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement

Il nous appartient également de prendre conscience des obstacles qui empêchent de nombreux pays de jouir pleinement des bienfaits de la science. Cette année, j'aimerais insister sur le problème concret du renforcement des capacités des pays en développement dans le domaine de la science comme moyen essentiel de parvenir à un développement durable fondé sur le savoir.

Aucune nation soucieuse de son progrès économique et social ne peut se passer de moyens scientifiques et technologiques indépendants. L'on a constaté au cours des vingt dernières années, que l'insuffisance de capacités humaines et institutionnelles dans le domaine de la science était un des obstacles récurrents à la réalisation des objectifs nationaux et internationaux des pays en développement. La réduction de la pauvreté, la viabilité environnementale, le meilleur accès à l'eau salubre et à l'assainissement, la réduction de la mortalité infantile et l'amélioration de la santé maternelle sont autant d'objectifs internationaux de développement essentiels dont la réalisation dépend en grande partie des capacités nationales en matière de recherche et de développement scientifiques.

Le renforcement des capacités scientifiques nécessite une approche suffisamment diversifiée. L'existence d'un système éducatif inclusif et qui fonctionne bien est un préalable essentiel à toute forme de développement fondé sur la science et la connaissance. Il importe également de renforcer les liens entre les établissements d'enseignement et les pouvoirs publics, l'industrie et le secteur privé en général, afin d'encourager l'innovation et de veiller à ce que ses fruits soient largement diffusés. De même, les partenariats aux niveaux régional et international sont indispensables pour ouvrir l'accès à la formation et à l'acquisition de compétences et pour concevoir une réponse commune aux défis partagés du développement.

Dans notre oeuvre de renforcement des capacités, nous devons également nous intéresser à la question de la conservation des compétences. L'un des principaux facteurs qui fragilisent les capacités des pays en développement dans le domaine de la science est la fuite des cerveaux, l'exode des diplômés de l'enseignement supérieur scientifique vers le monde développé. Les chiffres, à cet égard, sont éloquents. À elle seule, l'Afrique subsaharienne perd chaque année plus de 20 000 experts scientifiques et techniques qui obtiennent un emploi dans des laboratoires ou des instituts de recherche en Europe ou aux États-Unis d'Amérique. Un million de personnes originaires des pays en développement poursuivent leurs études supérieures dans les pays industrialisés, et un tiers des spécialistes de la recherche-développement originaires de pays en développement résident et travaillent dans des pays de l'OCDE. Cela représente une perte énorme pour leur pays d'origine en termes de développement.

L'UNESCO travaille en étroite coopération avec l'Union africaine et le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) en vue de contribuer à endiguer cet exode des compétences. Ensemble, nous supervisons un programme destiné à mettre en place, dans les dix prochaines années, jusqu'à trente centres d'excellence régionaux sur le continent africain. En favorisant un développement endogène, ce programme vise à réduire la fracture scientifique entre l'Afrique et le reste du monde et, ainsi, à lutter contre la migration des experts. Ce réseau de centres offrira également un cadre solide à la coopération Sud-Sud, en aidant à constituer une masse critique de scientifiques ayant la formation nécessaire pour s'attaquer aux problèmes de développement propres à la région.

En cette Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement, l'UNESCO appelle de ses voeux une action mondiale renforcée en vue d'aider les pays en développement à améliorer les capacités dont ils ont besoin pour participer pleinement aux progrès de la science et en recueillir les fruits.

Koïchiro Matsuura