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Guerre en Irak : une guerre technologique...

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Le conflit Irakien démontre tous les jours un usage massif de nouvelles technologies militaires. Ces dernières jours, nous avons appris l'usage de bombes à fragmentation et les mots de "bombes à uranium appauvri" ont aussi été prononcés ...

Bombes à fragmention : un cauchemard à retardement

La bombe à fragmentation est une bombe qui largue elle-même de multiples petites bombes. On estime qu'en moyenne 30 % de ces dernières n'explosent pas tout de suite et les risques que la population civile, surtout les enfants, en subisse les conséquences sont très importants.
La Croix-Rouge Française rappelle que s'il existe un texte international condamnant l'emploi, le stockage, la production et le transfert des mines antipersonnel (Convention d'OTTAWA - 1999), l'usage des bombes à fragmentation ne fait l'objet, quant à lui, d'aucune réglementation internationale.

Or, la présence de ces " munitions non explosées " a, pendant et longtemps après le conflit, les mêmes conséquences dramatiques pour les populations civiles, que les mines antipersonnel. La Croix-Rouge Française souligne que cette présence entrave le retour des réfugiés et des déplacés, les opérations d'aide humanitaire et le processus de reconstruction.

A gauche, une bombe à fragmentation; à droite, une ration alimentaire. Les Etats-Unis assortissent désormais leurs largages de rations alimentaires aux civils d'une mise en garde visant à éviter toute confusion. Crédits : Reuters

La guerre Iran/Irak, celle du Golfe et 20 ans de conflits internes font de l'Irak un pays sévèrement affecté par la prolifération des mines antipersonnel et de ces " munitions non explosées ". La condamnation de l'usage des bombes à fragmentation faisait partie des enjeux majeurs de la Conférence d'examen de la Convention des Nations Unies de 1980, qui s'est tenue à Genève du 11 au 21 décembre 2001. A son issue, de nombreux Etats " se sont engagés à réfléchir " à la question ...

L'instrument pertinent en droit international est le Premier Protocole additionnel à la Convention de Genève de 1949 qui s'applique aux conflits armés internationaux. Adopté en 1997, ce Protocole vise à définir ce qu'est un objectif militaire et ce qui est admissible au titre de dommages secondaires. Sont prescrits : les attaques non ciblées, les attaques pouvant causer la mort ou occasionner des dommages excessifs aux civils ou à leur propriété compte tenu de l'avantage militaire concret et direct escompté. Il devrait cependant être possible d'assurer que ce critère de proportionnalité soit respecté au travers d'un choix scrupuleux des cibles et d'une plus grande attention lors du lancement. On ne peut dès lors classer les armes à fragmentation a priori illégitimes dans le cadre de la Convention de Genève ...

E-Bomb : une arme dévastatrice

Futura-Sciences vous informait il y a six mois : ... le système de surveillance américain, a indiqué que les éléments clés du système militaire Irakien sont situés dans un sous-sol fortifié et très protégé et près de bâtiments civils comme des hôpitaux. A l'heure actuelle les américains pourraient utiliser des micro-ondes de très forte intensité ( High Power Microwave - HPM ), destinées à détruire les systèmes électroniques de commande, de contrôle et de communication. Elles produisent un champ magnétique d'une telle intensité que les dégâts occasionnés peuvent être bien plus importants dans ce cas qu'une guerre avec les moyens utilisés par exemple lors du conflit en Afghanistan.

L'effet qu'exploite les armes basées sur la technologie des HPM fut accidentellement découvert dans les années 50 quand des lampadaires des rues d'Hawaï furent détruits par les impulsions produites par des tests nucléaires en haute altitude.

L'impulsion qui en résulte dure de quelques dizaines à plusieurs centaines de milli-secondes et peut posséder une intensité de dizaines de millions d'ampères pour une énergie du même ordre de grandeur, en joules !

Ces armes ne peuvent être utilisées qu'une seule fois et peuvent être embarquées à bord de missiles de croisière. Les militaires sont très intéressés d'utiliser cette technologie qui permettrait d'atteindre des bunkers enterrés profondément en utilisant par exemple les câbles qui servent à fournir de l'électricité. De plus, des équipements de protection telles des cages de Faraday seraient prohibitifs et très difficile à mettre en place.

Une autre arme qui toucherait les équipements électroniques a déjà été utilisée dans le conflits des Balkans ces dernières années. Des bombes comme la BLU-114/B délivrent une gigantesque toile d'araignée en fibres de carbone très fines, qui larguée au dessus des installations électriques provoquent des courts-circuits en touchant le sol.

Exposition à l'uranium appauvri

L'uranium, un métal, est un élément naturel, blanc argenté, brillant, dense et faiblement radioactif. Il est omniprésent dans la nature et on le trouve en quantités variables mais faibles dans les roches, le sol, l'eau, l'air, les plantes, les animaux et les êtres humains. L'uranium naturel se compose de trois isotopes radioactifs caractérisés par leur masse atomique : 238U (99,27 % de la masse totale), 235U (0,72 %) et 234U (0,0054 %). Après séparation de la fraction enrichie, l'uranium restant contient environ 99,8 % de 238U, 0,25 % de 235U et 0,001 % de 234U. Il est devenu ce que l'on appelle de l'uranium appauvri (UA).

L'uranium est utilisé principalement dans les centrales nucléaires. Néanmoins, la plupart des réacteurs fonctionnent à l'uranium enrichi en 235U (1,5 à 3 % environ au lieu de 0,72 % normalement).

Dans la plupart des circonstances, l'utilisation de l'UA n'apporte qu'une contribution négligeable à l'intensité du rayonnement radioactif naturel de l'uranium dans l'environnement. Les conflits qui font appel à des munitions à UA occasionnent probablement le plus grand risque d'exposition. Un rapport récent du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) donne les résultats des mesures faites sur le terrain autour de sites d'impact sélectionnés au Kosovo (République fédérale de Yougoslavie) et montre que la contamination de l'environnement ne dépasse pas quelques dizaines de mètres autour de ces sites. La contamination de la végétation locale et des ressources en eau par des particules d'UA s'est avérée extrêmement réduite. La possibilité d'une exposition importante des populations locales est donc considérée comme très faible.

Une équipe d'experts des Nations Unies a signalé en novembre 2002 qu'elle avait trouvé des traces d'UA dans trois des 14 sites étudiés en Bosnie à la suite des frappes aériennes de l'OTAN en 1995. Néanmoins, il arrive qu'on observe des augmentations sensibles des concentrations en UA à proximité des événements contaminants. Normalement, dans les jours ou les années qui suivent, les vents et les pluies dispersent la contamination dans l'environnement et les personnes vivant ou travaillant dans les zones touchées peuvent inhaler des particules ou consommer de la nourriture ou de l'eau contaminée.

Un certain nombre d'études sur les mineurs extrayant l'uranium ont montré un accroissement du risque de cancer pulmonaire, mais on a attribué ce phénomène à une exposition aux produits de désintégration du radon. Des lésions du tissu pulmonaire sont possibles, entraînant un risque de cancer se renforçant avec l'augmentation du rayonnement. Mais comme l'UA n'est que faiblement radioactif, il faudrait inhaler des particules en très grande quantité (de l'ordre du gramme) pour pouvoir constater un risque accru de cancer pulmonaire dans le groupe exposé. On considère que les risques d'autres cancers induits par les radiations, notamment les leucémies, sont encore beaucoup plus faibles.