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La France sur le point d'importer des cellules souches embryonnaires

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Lors de la présentation de nouvelles mesures nationales visant à réglementer la recherche sur les cellules souches, le ministre de la recherche François d'Aubert et le ministre de la santé Philippe Douste-Blazy ont annoncé que la France était sur le point d'autoriser l'importation de cellules souches embryonnaires à des fins de recherche.

Embryon à un stade très précoce

Il s'agit là de la première application de la loi sur la bioéthique promulguée en juillet 2004, à savoir l'autorisation de la recherche sur des embryons humains congelés surnuméraires conçus in vitro et sans projet parental.

Insistant sur le caractère transitoire de la mesure, M. Douste-Blazy a expliqué que cette dernière a été prise afin de veiller à ce que les chercheurs puissent entamer leurs travaux de recherche sur des cellules souches embryonnaires avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi au printemps 2005. "D'ici là, les chercheurs utiliseront des embryons importés de l'étranger", a déclaré le ministre.

La recherche sur les cellules souches soulève des "espoirs thérapeutiques considérables" chez les personnes souffrant de problèmes cardiaques, de diabètes et de la maladie de Parkinson, a déclaré M. d'Aubert lors d'une conférence de presse. Comme ce type de recherche "revêt une importance mondiale", il aurait été irréaliste de chercher à s'y opposer, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il était "important pour la recherche de disposer d'un système judiciaire qui nous permette de progresser dans ces secteurs très prometteurs."

Aux termes de la nouvelle loi, les chercheurs français seront habilités à "travailler sur des embryons surnuméraires qui ne sont soumis à aucun projet parental". Les ministres ont souligné que bon nombre des cellules souches proviendraient d'ovules fécondés de cinq ou six jours.

M. Douste-Blazy a également annoncé le lancement d'un inventaire précis de tous les embryons humains congelés à ce jour en France, dont le nombre est estimé à plus de 118000. Selon M. Douste-Blazy, 55% de ces embryons s'inscrivent toujours dans le cadre d'un projet parental. "Il est donc hors de question de les utiliser", a-t-il déclaré, avant de réaffirmer son opposition au clonage humain et de rappeler aux journalistes que la loi sur la bioéthique en fait "un crime contre l'espèce humaine".

Réagissant à cette annonce, le professeur René Frydman, "père" du premier bébé éprouvette français, a félicité le gouvernement d'avoir signé le décret: "Cela nous permettra en France de travailler sur ce qui, à mes yeux, devrait constituer une étape majeure de la médecine, aussi importante que la découverte de l'antibiotique."