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Nanocyl : nouvelle spin-off de l`Université de Namur et première mondiale

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Nanocyl, la nouvelle spin-off des Facultés Universitaires de Namur (Belgique), vient de sortir du giron du Laboratoire de Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) du professeur Janos B.Nagy. Sa spécialité : les nanotubes de carbone.

Première mondiale associée à la naissance de Nanocyl : la mise au point de câbles à haute valeur ignifuge (anti-feu) grâce à une composition subtile de polymères, d`argile ... et de nanotubes. Il s`agit d`une collaboration de recherche entre les laboratoires RMN, LISE et LPME des FUNDP (Namur), le laboratoire des Matériaux Polymères et Composites de l`Université de Mons-Hainaut (UMH) et les Câbleries d`Eupen. L`intérêt est manifeste : lors d`un incendie, plus l`électricité résiste longtemps, mieux les secours peuvent s`organiser. Cette découverte vient de faire l`objet d`un dépôt de brevet.

Nanocyl s.a. est une spin-off née au Laboratoire de Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) dirigé par le professeur de chimie Janos B. Nagy. Son produit-phare : les nanotubes de carbone découpés et fonctionnalisés, produits en grande quantité.

Première Mondiale

Le laboratoire RMN, spécialisé en recherche sur les nanotubes* est à la pointe du sujet. En 1993, il a découvert, avec la collaboration d`autres laboratoires namurois, les nanotubes hélicoïdaux, baptisé " Belgian tubes ". Il est propriétaire de brevets sur les méthodes de production des nanotubes. En septembre 2000, le laboratoire avait beaucoup fait parlé de lui pour avoir réussi, en première mondiale, le découpage à grande échelle de ces minuscules molécules. A l`époque le professeur B.Nagy déclarait : " Les nanomatériaux ouvrent des perspectives industrielles inversement proportionnelles à leur taille (...) cela va de l`informatique à la médecine en passant par la cosmétique, l`optique, la technologie spatiale etc. " Ainsi, la résistance inouïe des nanomatériaux, combinée à leur légèreté, en font des éléments de choix pour le développement des combinaisons et des vaisseaux spatiaux. En informatique, on pourrait exploiter les caractéristiques de semi-conducteurs et remplacer l`actuel silicium des circuits par des nanotubes : d`où circuits encore plus petits. En médecine, imaginer une nanoparticule programmée pour véhiculer un médicament dans le corps humain. On peut envisager son utilisation pour le stockage d`hydrogène, celui-ci pouvant dès lors servir de carburant pour des piles à combustible et proposer une alternative non-polluante au moteur à explosion. Et la liste est longue ...

Nanotechnologies : le vent en poupe

Au niveau international, les nanotechnologies ont également le vent en poupe. Une grande partie de l`effort de recherche en Europe, aux États-Unis, au Canada et au Japon se focalise sur le sujet. Ainsi, dans le 6ème Programme-cadre de financement de la recherche de l`Union européenne, l`accent est mis sur le développement aussi bien universitaire qu`industriel dans le domaine des nanotechnologies. Le laboratoire namurois RMN est coordinateur du projet européen NANOCOMP. Il participe très activement au projet fédéral PAI.

Des industriels, de plus en plus nombreux, croient à cette nouvelle technologie. La preuve : la composition du Conseil d`administration de Nanocyl et son actionnariat, qui compte notamment Jean Stefenne (GlaxoSmithKline sa), Luc Geuten (Recticel, Innogenetics), Eric de Lamotte (I.B.A.), ... Des conventions sont en négociation avec des industriels. Et déjà des collaborations sont en cours : les Câbleries d`Eupen, AtoFina (Feluy), ...

L`université a plus que jamais conscience de son rôle dans la société. Le développement des entreprises spin-off aboutit à la création de nouveaux emplois et favorise le maintien des jeunes talents en Région wallonne. Autant se donner les moyens de réussir ...