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Diamant noir : une origine extraterrestre

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Une des plus fascinantes énigmes, à la frontière de la géologie et de l'astrophysique, vient peut être de trouver sa solution. Les diamants noirs sont bien d'origine extraterrestre d'après un groupe de chercheurs aux Etats Unis.

Diamants noirs taillés

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il existe bel et bien une variété de diamants noirs que l'on trouve uniquement au Brésil et en République Centre Afriquaine dans des formations géologiques particulières. Appelés aussi « Carbonado » depuis le milieu du 18ième siècle, d'après une expression portugaise signifiant « brûlé, carbonisé », ils portent bien leur nom car leur apparence est celle d'un morceau de charbon de bois variant du gris au noir, avec parfois des porosités.

Diamant noir brut ( Crédit : Stephen Haggerty )

Ils ne sont pas simplement caractérisés par leur couleur et leur localisation géographique, ils représentent aussi une anomalie pour les minéralogistes. Partout sur la planète, les diamants sont normalement associés à des roches volcaniques, appelées kimberlites, générées par des éruptions violentes ramenant les diamants de zones dont la profondeur dépasse les 150 km à l'intérieur de la Terre. Il faut savoir, en effet, qu'il faut des pressions et des températures importantes pour provoquer la génération de diamants à partir du carbone.

Or, pas un seul diamant noir n'a jamais été trouvé dans une kimberlite ! Les choses ont empiré quand on s'est aperçu que, d'une part, ils ne constituaient pas un seul cristal mais une association de cristaux et que, d'autre part, les mesures isotopiques du rapport carbone 12 sur carbone 13 ne correspondaient pas à celles associées aux autres diamants !

En 1985, Joseph Smith de l'Université de Chicago et J. Barry Dawson de l'Université de Sheffield en Angleterre ont alors proposé qu'ils résultaient de l'impact de météorites géantes à l'ère précambrienne. Les formations géologiques où l'on peut trouver la source des diamants noirs datent, en effet, de plus de deux milliards d'années, peut-être même quatre d'après certaines datations récentes, justement lorsque le bombardement météoritique était intense. Toutefois, à chaque fois, aucun cratère d'impact n'a pu être trouvé.

Au milieu des années 90, Stephen Haggerty, que l'on va bientôt retrouver, entre alors en scène. Il propose tout simplement que les diamants noirs ne résultent pas d'un impact météoritique, mais se forment directement dans les nuages interstellaires, riches en carbone et hydrogène, sous l'action des terribles ondes de choc des supernovae. Les fortes pressions et températures seraient alors suffisantes pour créer de véritables agrégats de diamants noirs, de la taille d'un astéroïde, qui seront ultérieurement fragmentés et tomberont sur la Terre primitive.

Comment rendre plus crédibles ces hypothèses ? Tout simplement en mesurant la présence d'atomes d'hydrogène et d'azote et c'est ce que Stephen Haggerty et Jozsef Garai de la Florida International University viennent de faire avec leurs collègues Sandeep Rekhi et Mark Chance de la Case Western Reserve University. Dans un article publié dans Astrophysical Journal Letters, ils relatent les divers résultats de leur mesures effectuées en infra-rouge à l'aide du Synchrotron du Brookhaven National Laboratory.

Les « Carbonado » partagent maintenant nombre de similitudes avec les micro-diamants déjà isolés dans les météorites, ce sont bien des diamants extraterrestres !