Depuis son lancement il y a 10 ans, le satellite MetOp-A a fait près de 52.000 fois le tour de la Terre, transmis plus de 100 téraoctets de données météorologiques et climatiques 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. © ESA, Eumetsat

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Météorologie : le satellite MetOp-A fête ses 10 ans

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Les 10 ans du satellite MetOp-A méritent d'être annoncés. Ce satellite a en quelque sorte révolutionné la façon de faire de la météorologie depuis l'espace.

MetOp-A fête ses 10 ans. Peu connu du grand public, il est le premier satellite météorologique européen en orbite polaire héliosynchrone et le premier satellite météorologique en orbite terrestre basse (environ 830 km d'altitude) en Europe. Il est bien plus près de la Terre que les satellites météorologiques Meteosat, qui se situent tous en orbite géostationnaire à 36.000 km au-dessus de l'équateur.

Construit par Airbus Defence and Space pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA), il est exploité par Eumetsat, l'organisme européen en charge de l'exploitation des satellites météorologiques. Depuis son lancement le 19 octobre 2006, il fournit un large éventail de mesures globales, essentielles pour les prévisions météo et la surveillance climatique.

Premier d'une série de trois satellites identiques, MetOp-A effectue 14 révolutions de notre planète par jour sur une orbite. MetOp-B, le deuxième de la série, a été lancé en septembre 2012. Il fonctionne en tandem avec MetOp-A : les deux satellites évoluent sur la même orbite, mais à une demi-orbite d'écart, pour mieux observer les évolutions rapides de l'atmosphère. Le duo fournit des données essentielles pour établir des prévisions précises jusqu'à 12 jours d'avance. Le lancement de MetOp-C est prévu en 2018.

Dès le début de la décennie 2020, une deuxième génération de satellites MetOp, baptisée MetOp-SG et actuellement développée par Airbus Defence and Space, entrera en service. Elle comptera six satellites, organisés en paires, chacune équipée de différents instruments afin de fournir des informations météorologiques complémentaires. La série A (lancée à partir de 2021) sera équipée de sondeurs atmosphériques et d'imageurs optiques et infrarouge, tandis que la série B (à partir de 2022) se concentrera sur les capteurs micro-ondes.

L'ouragan Matthew vu dans l'infrarouge par le satellite Metop-A, le 7 octobre 2016. © Eumetsat

Améliorer les prévisions météo

Les satellites MetOp, équipés de 12 instruments, sont présentés comme les satellites météorologiques les plus complexes au monde. Nous avons donc voulu savoir quels étaient les plus grands apports de MetOp-A du point de vue scientifique et des services qu'il fournit. Dieter Klaes, scientifique du programme au sein d'Eumetsat nous répond.

« Pour la partie opérationnelle, il ne fait aucun doute que les satellites MetOp ont considérablement amélioré les prévisions météorologiques numériques ». Comme le démontre une étude du Météo-France britannique (Met Office), « MetOp seul contribue à hauteur de 25 % à la réduction des erreurs de prévisions météorologiques de 24 heures ». Ce satellite marque également « le point de départ des observations globales réalisées par Eumetsat dans le cadre du programme mondial d'observation par satellite polaire (système polaire commun initial (IJPS) ». Les satellites MetOp apportent aussi « une contribution considérable à la surveillance du climat et de l'environnement grâce à la continuité des données, prévue pour s'étaler pour au moins 25 ans ».

Surveiller le trou dans la couche d'ozone

À côté des améliorations des prévisions numériques, « grâce à une caractérisation plus précise de l'atmosphère, un des plus grands apports scientifiques de MetOp-A est la possibilité de mesurer des composants atmosphériques et des gaz à effet de serre, et donc de contribuer à la surveillance des panaches de pollution transportés par le vent ». Avec les instruments Iasi (le plus novateur, développé par le Cnes) et Gome, « plus d'une vingtaine de composants atmosphériques comme le monoxyde de carbone, l'ammoniac, l'ozone, sont mesurés », ce qui permet de « bien mieux surveiller des grands feux, des émissions liées à agriculture et la surveillance du trou dans la couche d'ozone ». Ces deux instruments jouent aussi un rôle « dans le suivi des contaminations en cendres volcaniques après des éruptions, comme cela a été le cas en 2010, lors de l'éruption du volcan Eyafjallajöküll en 2010 ».

Notons que le programme de l'Union européenne Copernicus et Eumetsat lancent un nouveau cours en ligne pour montrer ce que les satellites peuvent nous révéler sur les océans. Cette formation, gratuite, sera animée par des experts qui aideront à décrypter les données recueillies par le satellite Copernicus Sentinelle-3A, lancé en février dernier. Pour accéder à ce Mooc sur la surveillance des océans depuis l'espace, cliquez ici.