Après les États-Unis, la Russie, l'Europe, l'Inde et en attendant la Chine, les Émirats arabes unis veulent tourner autour de Mars en y envoyant la mission Hope en 2021. © Nasa, JPL

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Mars : les Émirats arabes unis veulent envoyer une sonde en 2021

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Non contents de construire les plus hauts gratte-ciel du monde, les Émirats arabes unis veulent envoyer une sonde autour de Mars... et pas question d'un simple appareil low cost. Ils ambitionnent un retour scientifique plus que symbolique. Hope, une mission de météorologie martienne complétera ainsi les données de la mission Maven de la Nasa.

Créée il y a à peine 10 mois, l'Agence spatiale des Émirats arabes unis (UAESA, United Arab Emirates Space Agency) a officiellement présenté son projet d'exploration martienne. Cette mission sera réalisée dans le cadre d'un partenariat international dans lequel le Cnes ne jouera aucun rôle, et ce malgré la signature récente d'un mémorandum d'entente avec l'UAESA portant sur la coopération en matière d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques. Hope (qui signifie « espoir » en anglais), est le nom de cette mission qui sera lancée au début de la décennie 2020. Elle devrait atteindre la planète rouge en 2021, soit 50 ans après la formation des Émirats arabes unis et leur indépendance de la Grande-Bretagne en 1971.

Il ne fait guère de doute que les Émiratis ont la volonté politique de montrer qu'ils peuvent se mettre autour de la planète Mars, comme l'ont récemment fait les Indiens et veulent le faire les Chinois. La mission Hope sera également scientifique. Mars est, après la Terre, la planète la plus étudiée et la mieux connue si bien que beaucoup de paramètres sont à prendre en compte si l'on souhaite se différencier des missions précédentes. La sonde aura ainsi une mission d'étude des changements dynamiques qui surviennent dans l'atmosphère martienne quotidiennement et à l'échelle d'une saison à travers l'observation de nombreux paramètres (nuages, poussière, vapeur d'eau). L'idée est de tracer des cartes quotidiennes afin de mieux comprendre comment la météorologie de surface modifie la haute atmosphère martienne.

Ce ne sera évidemment pas la première sonde envoyée pour étudier les couches de gaz qui entourent la Planète rouge mais la surveiller en permanence n'est jamais inutile. Encore aujourd'hui il se produit en effet des phénomènes météorologiques dont on ne comprend toujours pas bien le fonctionnement et pour lesquels il n'existe pas encore de modèle fiable. C'est notamment le cas des tempêtes de sable mais également de ces mystérieux et gigantesques panaches nuageux évoluant à une altitude anormalement élevée et visibles depuis la Terre.

La sonde martienne Hope des Émirats arabes unis célébrera le cinquantenaire de l'indépendance de cet État qui regroupe sept émirats. © Mohammed bin Rashid Space Center

Hope en complément de la mission Maven

Pour accompagner les Émiratis dans leur projet, l'UAESA fera équipe avec l'université du Colorado, à Boulder, dont le laboratoire Atmospheric and Space Physics sera le responsable scientifique. Ce même laboratoire est d'ailleurs également le principal investigateur de la mission Maven. Hope viendra ainsi en complément. En orbite autour de Mars depuis septembre 2014, cette sonde de la Nasa a pour objet d'étudier la haute atmosphère et l'ionosphère de la Planète rouge ainsi que leurs interactions avec le vent solaire de façon à mieux comprendre l'évolution climatique.

Ce sera donc bien une mission qui apportera un plus à la connaissance de Mars. Elle ne rééditera pas de mesures déjà faites comme ce fut le cas par exemple de la sonde Mars Orbiter Mission de l'Inde. De façon plus large, les données de Hope serviront aux modèles climatiques qui tentent de comprendre pourquoi et comment Mars est passée d'une planète chaude et humide au monde froid et sec que l'on observe aujourd'hui.

Cette sonde sera construite très vraisemblablement par un industriel américain et les trois instruments qu'elle embarquera (une caméra et deux spectromètres) seront fournis par le LASP de l'université de Boulder. Elle sera lancée en 2020 et arrivera autour de Mars sept mois plus tard sur une orbite elliptique avec un périgée de 22.000 kilomètres et un apogée de 44.000 kilomètres.

À cette volonté de faire de la « science utile » s'ajoute celle d'associer à la réalisation de cette mission, de nombreux étudiants et ingénieurs Émiratis.