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Archéologie : les gladiateurs mourraient dans l'ombre d'un bourreau

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Les gladiateurs, célèbres pour la violence de leurs affrontements, et pour le divertissement qu'ils offraient au peuple romain, étaient peut-être soumis à un règlement beaucoup plus strict que l'on ne pensait...

Crédits : Le Puy du Fou
Les gladiateurs n'utilisaient qu'un seul type d'arme au cours de leurs duels, et les condamnés à mort étaient abattus en coulisse, par un bourreau Crédits : Dreamworks Pictures

En effet, l'étude des vestiges d'un cimetière de gladiateurs situé à Ephèse, en Turquie, tend à prouver que leurs combats n'étaient pas aussi sanguinaires que dépeints dans le film Gladiator de Ridley Scott, mais que, bien au contraire, les guerriers se pliaient à des règles précises, et n'avaient pas recours à la violence sauvage et à la mutilation.

L'analyse des restes osseux, par les chercheurs de l'université médicale de Vienne et de l'institut autrichien d'archéologie, confirme également ce que de nombreux historiens suspectaient déjà : les gladiateurs condamnés à mort par la foule n'étaient pas abattus devant les spectateurs, mais quittaient l'arène en vie, avant d'être confiés à un bourreau qui, en coulisse, scellait la décision des romains d'un violent coup de marteau carré sur la tête.

Pour aboutir à ces conclusions, les archéologues ont analysé au microscope et au CT Scanner, les blessures osseuses de 67 gladiateurs, découverts en 1993 dans un cimetière turque. Ils ont ainsi pu déterminer quels coups avaient entraîné leur mort.

Ils ont ainsi observé des traumatismes à l'avant du crâne, qui montrent qu'ils n'utilisaient qu'un seul type d'arme, et que les combats se déroulaient davantage sous forme de duels que de mêlées. D'autre part, le peu de mutilations et de blessures qu'ils ont enregistrées sur les structures osseuses témoignent davantage de combats réglementés que de combats libres.

Ensuite, bien que la plupart des gladiateurs portaient des casques, dix d'entre eux sont morts d'un coup de marteau sur le côté de la tête. Les archéologues avancent l'explication d'une mise à mort par un bourreau, en dehors de l'arène, et consécutive au combat.

L'équipe d'archéologues a conscience que cette étude remet en cause la théorie selon laquelle le combat de gladiateur était un véritable art martial, où la mise à mort était rare.