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Après Maven, au tour de la sonde indienne Mars Orbiter Mission

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Apres Maven, c'est au tour de la sonde indienne, Mars Orbiter Mission, de se placer en orbite autour de la Planète rouge. Également lancée en novembre 2013, cette sonde entrera en orbite martienne demain, après un voyage de 300 jours et quelque 680 millions de kilomètres parcourus.

La sonde Mars Orbiter Mission lors d'essais de déploiement de ses panneaux solaires. © Isro

Quelques jours après la sonde Maven, une visiteuse indienne arrive près de Mars. Lancée le 5 novembre à bord d'un lanceur PSLV, la première mission martienne de l'Inde, Mars Orbiter Mission, arrive à destination après un périple de quelque 680 millions de kilomètres. Une distance parcourue moins longue que celle de la sonde de la Nasa qui s'explique tout simplement par le fait que les deux sondes n'ont pas quitté la Terre en même temps. Entre-temps, la distance entre les deux planètes s'est raccourcie.

Demain, à 3 h 47 mn, heure de Paris, à une altitude de 423 kilomètres, la sonde Maangalyaan se placera sur une orbite elliptique avec un périgée de moins de 500 kilomètres et un apogée de quelque 80.000 kilomètres. Cette manœuvre sera suivie depuis la Terre par le réseau de l'espace profond indien, situé à Byalalu, à environ 40 km de Bangalore mais également à l'aide d'antennes des réseaux pour l'espace lointain de la Nasa et de l'Agence spatiale européenne.

Les différentes manœuvres nécessaires à la sonde à son entrée en orbite autour de la planète Mars. © Isro

Déjà une belle réussite technologique pour l'Inde

Comme Maven, la sonde a pour objectif d'étudier l'atmosphère martienne à l'aide de cinq instruments scientifiques assez classiques, à l'exception d'un spectromètre infrarouge lointain. Elle embarque également une caméra dans le visible, un analyseur de l'exosphère neutre, un détecteur de méthane et un photomètre Lyman-alpha.

Ce n'est pas faire injure de dire que cette mission accomplira des observations maintes fois réalisées, de sorte qu'elle répondra à des questions dont on connaît déjà les réponses. Certes, les objectifs scientifiques sont faibles, mais le succès de cette mise en orbite signe un véritable exploit technologique. C'est important de le souligner car l'Inde est seulement la quatrième nation à atteindre la Planète rouge après les États-Unis, l'ex-URSS et l'Europe (du moins les États membres de l'Agence spatiale européenne). Et atteindre Mars n'a pas été simple.

En effet, la sonde indienne n'a pas été lancée directement en direction de Mars. Elle a été contrainte de compenser la faible poussée de son lanceur en tournant pendant un mois autour de la Terre afin de lui faire prendre assez de vitesse pour s'échapper de la gravité terrestre et atteindre son but.

Pour obtenir la bonne vitesse, six manœuvres de rehaussement d’orbite étaient nécessaires, parmi lesquelles une a occasionné une belle frayeur. Elles ont consisté à rallumer pendant quelques minutes le moteur de la sonde pour rehausser à chaque fois son apogée, le point le plus éloigné de la Terre. Au terme de ces manœuvres, le premier décembre, la vitesse de l'engin était suffisamment grande pour lui permettre de débuter son trajet de neuf mois vers la Planète rouge.

À ce plan de vol original, il était prévu plusieurs corrections de trajectoire avant d'atteindre la Planète rouge. Si quatre étaient planifiées, en décembre 2013 et en avril, juin et août 2014, seules celles de décembre et juin ont été réalisées, preuves de la bonne maîtrise des lois de la mécanique spatiale.