Cet avant-poste n'utilise pas de technologie révolutionnaire. Il s'appuie sur le véhicule Orion que construit actuellement Lockheed Martin et d'autres modules d'habitation développés dans le cadre de contrats passés avec la Nasa. © Lockheed Martin

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Exploration humaine de Mars : Lockheed Martin se lance dans la course

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Constructeur, notamment, des sondes martiennes MRO et Maven, Lockheed Martin présente son nouveau projet de missions habitées à destination de Mars. Très différent de celui de SpaceX, il prévoit le retour sur Terre des premiers explorateurs ainsi qu'une base en orbite autour de la planète. Plus crédible ?

SpaceX n'est pas la seule société qui étudie des scénarios de missions habitées vers Mars. Lockheed Martin, acteur historique du secteur spatial américain et partenaire de longue date de la Nasa, a également un projet de mission habitée à destination de Mars. Ce projet, Mars base camp, sorte d'avant-poste en orbite autour de Mars, a été présenté lors du sommet Humains vers Mars qui s'était tenu à Washington en mars 2016.

Depuis cet orbiteur, il serait possible de réaliser une multitude d'activités et d'observations. Ainsi l'équipage pourra diriger quasiment en temps réel les robots martiens alors que, depuis la Terre, le délai varie de 3 à 21 minutes. Les astronautes pourraient repérer des sites d'atterrissage possibles, récolter des échantillons sur Mars et s'aventurer à proximité de Deimos et Phobos, les deux satellites naturels de Mars. Enfin, cet avant-poste servira de point de départ pour les premiers humains qui fouleront le sol martien.

Lors du 68e congrès international d'astronautique qui vient de se tenir dans la ville d'Adélaïde, en Australie, la société a présenté une nouvelle mouture de l'architecture de son projet, avec l'ajout d'un système de transport capable de réaliser jusqu'à six allers-retours entre la surface de Mars et l'orbite. À chaque rotation, quatre astronautes pourraient descendre sur Mars et y séjourner deux ou trois semaines. Ce MADV (Mars Ascent/Descent Vehicle) atterrira et décollera à la verticale, la faible atmosphère martienne compliquant beaucoup la réalisation d'un avion, sans compter la difficulté de réaliser une piste, qui devrait être très longue.

Concept de véhicule de liaison entre le sol martien et la base en orbite autour de la Planète rouge. © Lockheed Martin

Une économie spatiale de l’eau

La station en orbite et le MADV fonctionneront tous les deux avec un mélange d'oxygène et d'hydrogène liquides. Le choix de l'hydrogène comme carburant, plutôt que le méthane, peut surprendre. Le méthane liquide, plus facile à stocker, a par exemple été choisi par SpaceX pour son futur ITS (Interplanetary Transport System). Mais pour Lockheed Martin, l'exploration du Système solaire s'accompagnera nécessairement de l'utilisation des ressources spatiales, notamment l'eau extraite de la Lune ou des astéroïdes. Elle ne sera pas seulement utilisée pour la consommation humaine mais aussi pour la production d'oxygène et d'hydrogène, utilisés comme ergols. Le développement de cette économie de l'eau est l'une des raisons pour lesquelles la société a choisi l'hydrogène liquide et non le méthane pour ses systèmes de propulsion.

Plus surprenant encore, Lockheed Martin souhaite que cette eau spatiale soit fournie par des sociétés privées. Si les premières missions utiliseront de l'eau probablement venue de la Terre, le développement d'un service commercial de fourniture d'eau, produite grâce à des matériaux extraits d'astéroïdes, de la surface de Mars ou, idéalement, des lunes de Mars, est encouragé. Cette production spatiale, évitant l'énorme consommation d'énergie pour l'arracher à la gravité terrestre, représenterait une opportunité de réduction importante du coût de l'exploration durable du système solaire.

  • La firme Lockheed Martin avait déjà élaboré un projet de missions habitées en orbite autour de Mars.
  • Une nouvelle version prévoit une navette pour déposer des astronautes à la surface de la planète.
  • L'entreprise imagine une exploitation des ressources de l'espace, en particulier la production d'eau, qui serait confiée à des services privés.
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