La reconquête de la Lune se fera avec le secteur privé dans le cadre de partenariats public-privé ouvrant la voie à la commercialisation de l'espace. © ESA, Nasa

Sciences

Blue Origin s'intéresse aussi à l'exploration humaine de la Lune

ActualitéClassé sous :exploration , exploration lunaire , vols habités

Par Rémy Decourt, Futura

Blue Origin, l'entreprise créée par Jeff Bezos, patron d'Amazon, vient de remporter un important contrat avec la société française Eutelsat, et se pose désormais en concurrente de SpaceX et d'Arianespace. Le lanceur sera le New Glenn, qui pourrait aussi être utilisé pour expédier vers la Lune un cargo de fret et préparer l'installation d'une base habitée au pôle sud. Abandonné sous l'administration Obama en 2010, le retour sur notre satellite intéresse aujourd'hui le secteur spatial, surtout privé.

Vol virtuel pour le futur lanceur New Glenn de Blue Origin  En images de synthèse, un vol du futur lanceur lourd New Glenn, de la société Blue Origin. Son étage principal redescend sur une barge et serait réutilisable 100 fois. L'engin de 80 m de hauteur pourrait mettre 45 tonnes en orbite basse ou 13 tonnes en orbite géostationnaire. En mars 2017, la société a signé un contrat avec Eutelsat pour le lancement de satellites, comme celui qui est illustré ici. Ce New Glenn pourrait aussi expédier une capsule spatiale Blue Moon vers la Lune, ce que prévoit l'entreprise. 

Alors que la conquête de Mars semble une priorité aux États-Unis, on note un regain d’intérêt pour la Lune. Une reconquête, donc, qui sera probablement placée sous le signe du secteur privé. Elle se fera en coopération avec la Nasa, le président Trump voulant semble-t-il renvoyer des Hommes sur la Lune mais cette fois pour y rester. À la différence de Mars, éloignée et difficile d'accès, la Lune donne accès à des ressources naturelles d'un grand intérêt économique et offre de nombreuses possibilités aux débouchés scientifiques et commerciaux indéniables. Dans ce contexte, le secteur privé a une carte à jouer.

C'est pourquoi Jeff Bezos veut saisir la balle au bond. Il a pour cela remis à la Nasa un document détaillant ses projets lunaires. Il souhaite construire un atterrisseur et une capsule pouvant livrer tout le matériel nécessaire à l'établissement d'une colonie sur la Lune et, en prévision d'une probable colonisation de la Lune, la possibilité de créer un service de livraison Terre-Lune capable de se poser à proximité du pôle sud.

La famille de futurs lanceurs New Glenn, à droite, en comparaison de Saturne 5 et des autres lanceurs actuels, dont Ariane 5. L'engin pourra être utilisé en version à 2 ou 3 étages. Le premier (Landed Booster) redescend au sol et sera réutilisable 100 fois selon Blue Origin. Eutelsat, qui s'appuie actuellement sur Ariane et le Falcon 9 de SpaceX, vient de signer un contrat avec Blue Origin. © Blue Origin

Le patron d'Amazon vise le pôle sud lunaire

Cette capsule, nommée Blue Moon, pourrait transporter jusqu'à 4.500 kg de charge utile. Elle pourrait être envoyée vers la Lune à partir de plusieurs lanceurs américains, dont le Space Launch System de la Nasa (le lanceur d'Orion), l'Atlas V et le Vulcan de United Launch Alliance et bien sûr le lanceur New Glenn de Blue Origin dont le premier vol est prévu à l'horizon 2020.

Pour mener à bien son projet lunaire, Bezos demande l'aide technique de la Nasa pour développer son système de transport lunaire à partir de la technologie que Blue Origin utilise sur son lanceur réutilisable New Shepard. La Nasa qui travaille en étroite collaboration avec SpaceX sur ses projets de vols habités et sa première mission à destination de Mars pourrait bien donner ce coup de main à Jeff Bezos.

Pourquoi le patron d'Amazon vise le pôle sud lunaire ? Parce que cette région est propice à l'établissement d’une base et présente de très bonnes conditions d'accueil pour des astronautes. Quelques sites, pour la plupart des cratères, ont déjà été identifiés. Leurs crêtes présentent des conditions d'ensoleillement quasi-permanentes et suffisantes pour produire de l'énergie solaire. Quant aux planchers de ces cratères, constamment à l'ombre de la lumière solaire, ils abriteraient de la glace d'eau en quantité suffisante pour les besoins humains et pour alimenter de petites usines de production d'oxygène et d'hydrogène, qui serviraient de carburant aux véhicules partant explorer d'autres mondes du Système solaire.

  Les commentaires ne sont pas disponibles pour le moment.