Une vue de la surface de l'exoplanète Trappist-1f, qui pourrait être habitable et colonisée par une civilisation extraterrestre. © Nasa, JPL-Caltech T. Pyle IPAC

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Des colonies extraterrestres autour de l'étoile Trappist-1 ?

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L'étoile Trappist-1 est peut-être trop jeune pour que ses planètes aient eu le temps de permettre à la vie intelligente d'apparaître et d'évoluer. Pourtant, rien n'est perdu, bien au contraire, car l'absence de civilisation autochtone pourrait en réalité être un atout. En effet, des extraterrestres souhaitant y installer leurs colonies ne rencontreraient alors aucune résistance ou n'auraient pas de raisons de rester à distance. Si de telles colonies existent, elles pourraient communiquer entre elles par ondes radio. Les membres de Seti cherchent à vérifier cette hypothèse.

  • Les exoplanètes Trappist-1e et Trappist-1f sont potentiellement habitables.
  • La vie a pu y apparaître, mais comme Trappist-1 n'est peut-être âgée que de 500 millions d'années environ, difficile d'imaginer que l'intelligence y existe également, et encore moins une civilisation E. T. autochtone si tel est bien le cas.
  • Pourtant, puisque aucune vie intelligente n'y existait déjà, peut-être que ces planètes ont été colonisées par une civilisation galactique.
  • Seti tente d'écouter des signaux radio interplanétaires entre ces planètes depuis 2016.

Dans le projet multiplateforme francophone sur la cosmologie contemporaine Du Big Bang au Vivant, Jean-Pierre Luminet et Hubert Reeves nous parlent du programme Seti et des extraterrestres (E. T.). © Groupe ECP, www.dubigbangauvivant.com, YouTube

Trappist-1 est une naine rouge de type M8. Son âge — estimé à partir de la théorie de la structure stellaire et des mesures qui la concernent — serait peut-être d'au moins 500 millions d'années mais peut-être aussi de plusieurs milliards d'années. Cette étoile, située à environ 40 années-lumière de la Terre, possède au moins sept exoplanètes rocheuses, dont certaines sont potentiellement habitables.

Récemment, une atmosphère a été découverte sur GJ 1132b ; cette exoplanète ne se situe pas autour de Trappist-1 mais autour d'une autre naine rouge. Cela nous permet de penser que certaines exoplanètes situées autour de Trappist-1 peuvent, elles aussi, être entourées d'une atmosphère, et ce malgré les colères de la jeune étoile, dont les flots de rayonnements sont a priori capables d'éroder les atmosphères planétaires et de conduire à la disparition des océans qui pourraient se trouver sur ces astres.

Seti va rechercher des civilisations ET autour de Trappist-1e et Trappist-1f

Nous ne savons pas en combien de temps la vie est apparue sur Terre mais il est bien possible que cela se soit produit très rapidement, en moins de quelques centaines de millions d'années. Certaines des exoplanètes autour de Trappist-1 pourraient donc posséder quelques formes de vies. Toutefois, si tel est bien le cas, celles-ci seraient forcément rudimentaires si l'on considère que ce qui est arrivé sur Terre n'est pas singulier dans la Voie lactée et que l'étoile est bien encore jeune.

Mais alors, dans ce cas là, pourquoi des membres de l'institut Seti ont-ils déjà entrepris de détecter des ondes radio en provenance d'une éventuelle civilisation extraterrestre technologiquement avancée qui serait présente dans le système planétaire de Trappist-1 ? Car c'est bien ce qu'ils ont fait en juin 2016 et c'est ce qu'ils feront à nouveau avec le fameux Allen Telescope Array (ATA) le 12 avril 2017 et à plusieurs reprises au mois de mai de la même année : ils rechercheront des civilisations E. T. autour de Trappist-1e et Trappist-1f.

Une vue du Allen Telescope Array (ATA), avec la Voie lactée en toile de fond. © SETI Institute

Un empire galactique et des planètes en communication radio ?

Pour ces exobiologistes, le fait que la vie intelligente n'ait peut-être pas pu avoir le temps d'apparaître, et d'évoluer, dans le système de Trappist-1 serait en réalité un atout. En effet, cette vie intelligente n'existant pas, elle ne pourrait donc pas dissuader une civilisation galactique présente dans la Voie lactée de coloniser certaines de ses planètes. Dès lors, si deux planètes font bel et bien partie d'un empire galactique, elles pourraient être en communication constante par l'intermédiaire de faisceaux radio.

Les exoplanètes de Trappist-1 sont observées par la méthode des transits planétaires, il est donc possible que, périodiquement (cette périodicité doit être courte étant donné la petite taille des orbites des planètes situées dans la zone d'habitabilité), les faisceaux d'ondes radio connectant les deux planètes intersectent également la Terre, trahissant la présence de cet empire.

Une vue de l'état du système planétaire connu de Trappist-1 dans une simulation numérique montrant l'alignement des deux exoplanètes Trappist-1e et Trappist-1f avec la Terre. © SETI Institute, NASA Exoplanet Archive, Jon Richards

Les observations des radiotélescopes de l'ATA n'ont rien donné pour le moment. Elles ont été faites dans la bande spectrale qu'utilise la Nasa pour les communications avec ses sondes interplanétaires. Les exobiologistes de Seti ne sont nullement découragés puisqu'ils vont recommencer aux dates précises qui correspondent à l'alignement de certaines des exoplanètes de Trappist-1 avec la Terre. Ils auront alors peut-être plus de chance...

À quoi ressemblent les exoplanètes de Trappist-1 ?  Cette animation de la Nasa montre les portraits possibles des sept exoplanètes découvertes en février 2017 autour de Trappist-1, à seulement 40 années-lumière de notre Système solaire. Il s'agit d'interprétations car personne ne les a vues. Elles sont supposées rocheuses et de tailles similaires à celle de la Terre et diffèrent sans doute entre elles. Trois sont dans la zone habitable et pourraient donc porter de l'eau liquide en surface.