Après une mission de plus de 670 jours en orbite, l'énigmatique X-37B revient sur Terre. L’US Air Force a annoncé son retour pour cette semaine mais sans en préciser le jour. Il vient de rentrer cette nuit... On savait juste qu’il se poserait sur une des pistes de la base de Vandenberg, vraisemblablement de nuit pour éviter de voir l’état de la protection thermique de l’engin ou toute autre forme susceptible d’éclairer les spécialistes sur ce qu’il a bien pu faire durant tout ce temps en orbite.

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    Dans un contexte de dépendance très forte à l'utilisation de l'espace dans de nombreux secteurs, les États-Unis ont développé une panoplie de systèmes spatiaux pour protéger son infrastructure spatiale et les centaines de satellites qui la composent. Le X-37B est l'un d'eux. Long de 8,9 m pour une envergure de 4,5 m et une masse au lancement de 5,5 tonnes, cet engin est doté d'une paire d'ailes, d'un aileron et d'une soute qui peut s'ouvrir dans l'espace. Sa mission est un mystère.

    Lancé le 11 décembre 2012, celui-ci vient de revenir sur Terre après une mission de plus de 670 jours. Il s'agit de son deuxième vol. Il avait en effet déjà volé 224 jours en 2010. Un autre exemplaire avait accompli un séjour de 469 jours après son lancement, le 5 mars 2011. Pourtant, l'appareil avait officiellement été présenté comme conçu pour une durée de vie de 270 jours en orbite.

    Un X-37B installé sur l’étage supérieur de son lanceur et prêt pour être mis sous coiffe. © U.S. Air Force

    Un X-37B installé sur l’étage supérieur de son lanceur et prêt pour être mis sous coiffe. © U.S. Air Force

    Des technologies futuristes pour cette petite navette spatiale

    Après trois expéditions à tourner en rond autour de la Terre et malgré la surveillance par quelques puissances spatiales et un très grand nombre d'astronomesastronomes amateurs, personne ne sait ce qu'a fait le X37B durant près de deux ans. L'US AirAir Force, qui gère ce projet, impose un black-out total sur les objectifs réels de cette mission.

    Comme tous les observateurs avisés, nous ne pouvons que spéculer sur des activités bien gardées secrètes. L'absence de fuite est remarquable. On ne peut donc que réécrire ce que nous connaissions déjà à savoir qu'il s'agit d'un démonstrateurdémonstrateur de technologies avancées, voire futuristes, comme des matériaux ou des capteurscapteurs aux performances insoupçonnées. Dans ce contexte, on pense qu'il teste de nouveaux éléments liés à la réutilisabilité, la protection thermique, le pilotage automatique ou des technologies pour des satellites-espions.

    Enfin, alors que les États-Unis nous montrent qu'ils maîtrisent très bien le retour d'orbite et la rentrée atmosphérique, l'Europe s'apprête à tester son démonstrateur de rentrée atmosphérique (IXV). Construit par Thales Alenia Space pour le compte de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne (Esa), l'IXV préfigure un futur engin européen similaire au X-37B. En d'autres termes, une dizaine d'années séparent le X-37B de l'IXV...