Dans l'usine d'Orbital ATK, les deux premiers satellites de la constellation Iridium Next avec, en arrière-plan, les conteneurs dans lesquels ils seront amenés à la base de lancement de Vandenberg, en Californie. © Rémy Décourt

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Iridium Next, la nouvelle génération de satellites géolocaliseurs

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Par Rémy Decourt, Futura

Alors que l'entreprise était proche de la faillite en 1999, la constellation de satellites Iridium est toujours en service et continue de se développer. Les 66 satellites actuels seront progressivement remplacés par des « Iridium Next ». Les deux premiers, sur un total de 81, ont été livrés et seront lancés avec huit autres à la mi-septembre.

Les deux premier satellites de la constellation Iridium Next sont sortis de l'usine d'Orbital ATK, à Gilbert, en Arizona. Ils sont prêts à être « acheminés vers la base de lancement de Vandenberg, afin d'être pris en charge par Space X » nous explique Denis Allard, vice-président Iridium Next chez Thales Alenia Space.

« Après plus de six ans d'efforts, notre nouvelle génération de satellites est fin prête pour l'espace, a déclaré Matt Desch, CEO d'Iridium. Ce programme remplace la plus grande constellation de satellites dans l'espace, en offrant une technologie avant-gardiste et de nouvelles capacités, permettant à Iridium de répondre aux besoins de connectivité actuels et à venir ».

Un satellite Iridium Next à cœur ouvert avec, à gauche du réservoir central, ses roues à inertie. © Rémy Decourt

Cent mille heures de travail d'ingénieur

Iridium Next est une constellation basée sur 66 satellites opérationnels en orbite basse (780 kilomètres) répartis en 6 plans orbitaux de 11 satellites chacun, complétée par 6 satellites de rechange en orbite et par 9 satellites additionnels au sol. « C'est donc un total de 81 satellites que nous devons livrer à Iridium. » En tant que maître d'œuvre du programme, Thales Alenia Space est en « charge de l'ingénierie, de l'intégration et de la validation de l'ensemble du système et de la fourniture des en orbite des 81 satellites ».

Thales Alenia Space, qui a « fourni la charge utile des satellites Globalstar 1 et réalisé les satellites des constellations O3B et Globalstar 2 », a conçu les satellites Iridium Next à partir de la même famille de plateforme en prenant en compte les expériences acquises en vol. Les satellites Iridium Next auront une masse au lancement de 830 kg pour une masse sèche de 660 kg. Chaque satellite est « composé de plus de 5.000 éléments différents assemblés ensemble, ce qui équivaut à une centaine de milliers d'heures de travail pour des centaines d'ingénieurs ». L'assemblage, l'intégration et les tests des satellites sont réalisés par Thales Alenia Space et son sous-traitant, Orbital ATK, dans les locaux d'Orbital ATK en Arizona.

Les satellites Iridium Next sont tous fabriqués dans la même salle blanche de l'usine d’Orbital ATK à Gilbert, en Arizona. Le processus de production inclut un système d’assemblage unique, constitué de 18 différents postes de travail allant des tests d’échantillons et de charges utiles à la complète intégration du satellite. À l'image un satellite au poste de travail 10 et 11. © Rémy Decourt

SpaceX va lancer tous les satellites Iridium Next

Ces nouveaux satellites Iridium Next viendront remplacer la constellation existante. Ils garantiront la continuité du service fourni par la première constellation, à savoir principalement de la téléphonie et de la localisation (notamment pour les conteneurs et les bateaux). Les satellites Iridium Next apporteront de « nouveaux services pour des applications large bande avec des débits pouvant aller à terme jusqu'à 1,4 gigabit par seconde ». Ils embarqueront aussi une charge utile additionnelle ADS-B qui assurera un service de localisation d’avion et permettra de suivre le trafic aérien autour de la planète en temps réel.

Initialement, il était prévu que les deux premiers satellites Iridium Next « soient lancés par le lanceur russo-ukrainien Dnepr » et tous les autres satellites par le Falcon 9 de SpaceX. Mais l'indisponibilité de Dnepr a contraint Iridium à modifier ses plans de déploiement. Le premier lancement de 10 satellites est maintenant prévu par SpaceX le 12 septembre depuis la base de Vandenberg en Californie avec « un objectif d'avoir tous les satellites en orbite avant la fin 2017 avec un déploiement complet de la constellation début 2018 ».

Iridium Next, c'est :

  • Un contrat de 2 milliards de dollars ;
  • 400 personnes réparties sur les sites de Toulouse, Rome et Cannes ;
  • 25 salariés de TAS détachés dans l'usine d'Orbital ATK à Gilbert en Arizona ;
  • 1.500 personnes si l'on compte les sous-traitants ;
  • 40 sous-traitants majeurs ;
  • 4 millions d'heures de travail pour TAS ;
  • 10 millions d'heures au niveau mondial ;
  • 20 millions de kilomètres de voyage pour les équipes de TAS ;
  • 100.000 documents ce qui une représente une pile de 3 km de hauteur ;
  • Un satellite réalisé dans un cycle de 3 mois ;
  • 5 satellites qui sortent de l'usine chaque mois depuis le mois de juillet ;
  • 70 tonnes de satellites ;
  • 650 mètres carrés de panneaux solaires.

Le Falcon 9 de SpaceX se pose sur une barge en mer  SpaceX avait déjà réussi à ramener sur la terre ferme le premier étage de son lanceur spatial après un vol court. Le 9 avril 2016, après cinq tentatives ratées, l'entreprise américaine parvenait pour la première fois à le faire atterrir sur une barge en pleine mer, dans l'océan Atlantique. Après le lancement d'un satellite, l'engin, qui s'est beaucoup éloigné de son site de décollage, a ainsi beaucoup moins de chemin à parcourir.