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Spitzer entame brillamment sa seconde vie

ActualitéClassé sous :Astronomie , Spitzer , NGC 4145

Spitzer est à court d'hélium depuis le 15 mai 2009 mais deux de ses instruments restent pleinement opérationnels. La carrière de ce télescope mythique est donc loin d'être terminée et il va continuer à scruter l'Univers dans l'infrarouge. Quelques images sont déjà disponibles.

Spitzer est toujours capable de livrer de superbes images comme en témoignent celle d'un grand nuage moléculaire du nom de DR22 (à gauche) ainsi que celle d'une galaxie spirale NGC 4145 (en haut à droite) et enfin de la nébuleuse planétaire NGC 4361. Crédit : NASA/JPL-Caltech

Dans un récent article, on annonçait que les images prises par Spitzer dans le cadre de sa deuxième vie, la phase « chaude » de la mission, étaient déjà là. Depuis plus de 5 ans, Spitzer ne cesse de nous émerveiller et de nous étonner en fournissant des images spectaculaires sur les galaxies, les nébuleuses (comme celle de l'Aigle) et en révolutionnant notre compréhension du cosmos.

On se souvient bien sûr du premier bulletin météo concernant une exoplanète ainsi que de la découverte de disques planétaires dans des systèmes binaires, suggérant que les doubles couchers de Soleil, façon Star wars, sont en fait la règle et pas l'exception. Toutefois, ces observations n'ont été rendues possibles que parce que certains des instruments de Spitzer étaient refroidis à quelques degrés kelvins seulement. Pour capter des photons peu énergétiques, à de grandes longueurs d'onde dans le domaine infrarouge, et ne pas les confondre avec ceux émis par le satellite lui-même, un réservoir d'hélium liquide était nécessaire.

Avec le temps, l'hélium a chauffé et a fini par s'évaporer complètement. On pourrait donc croire que la saga Spitzer était terminée mais ce serait une erreur. Certains des instruments de Spitzer, même à 30 K, sont toujours capables de prendre des images impressionnantes. Simplement, les photons captés par ces derniers sont à des longueurs d'onde plus courtes. Spitzer est donc toujours en mesure d'étudier des nuages moléculaires et des disques planétaires riches en poussières. Pour bien saisir ce que Spitzer peut encore faire il suffit de dire qu'il est toujours équivalent à un télescope de 30 mètres de diamètre sur Terre, collectant des photons infrarouges dans une bande bien précise.

La seconde vie « chaude » de Spitzer

La phase « froide » de la mission Spitzer s'est terminée le 15 mai 2009 et sa phase « chaude » a débuté le 27 mai 2009 officiellement mais, dès les 18 et 21 juillet, plusieurs images ont commencé à être prises par le télescope.

La plus impressionnante est sans conteste celle d'un immense nuage moléculaire dans la constellation du Cygne montrant tout une série de jeunes étoiles. Il s'agit de l'image principale à gauche sur le montage de trois photos prises par Spitzer en bas de cet article. Les deux caméras infrarouges du télescope observent dans des bandes étroites centrées sur 3,6 et 4,5 microns, ce qui se traduit respectivement par des couleurs bleues et orange sur les trois photos.

Le grand nuage se nomme DR22 et, en bleu, on peut donc voir les zones riches en poussières et, en orange, celle riches en gaz chauds. A droite et de haut en bas on peut voir NGC 4145  et NGC 4361. Dans le premier cas il s'agit d'une galaxie spirale située à 68 millions d'années-lumière dans la constellation des Chiens de chasse et dans le second d'une nébuleuse planétaire produite par une étoile mourante de type solaire.

Comme on l'a dit, Spitzer n'en restera pas là. Les astronomes vont continuer à l'utiliser pour étudier par exemple les exoplanètes et il leur servira aussi à affiner la mesure de la constante de Hubble, celle de l'expansion accélérée de l'Univers ainsi qu'à mieux connaître environ 700 petits corps célestes susceptibles de croiser un jour l'orbite de la Terre.