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Saturne connaît sans doute sa plus grande tempête

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La plus belle planète du Système solaire abrite depuis plusieurs mois un orage géant dont les caractéristiques laissent penser qu'il s'agit d'un des plus puissants jamais observés.

Le 26 février dernier, la caméra de la sonde Cassini a photographié la tempête sur Saturne en fausses couleurs pour révéler l'altitude des images. © Nasa/JPL/SSI

Tout a commencé le 13 décembre dernier quand l'astronome amateur philippin Christopher Go a photographié le premier un petit panache blanc dans l'hémisphère nord de Saturne alors que toutes les tempêtes des six années précédentes s'étaient déroulées dans l'autre hémisphère. Comme l'Australien Anthony Wesley, Christopher Go est un habitué des observations planétaires puisqu'en 2006 il se faisait déjà remarquer par ses excellents clichés de la deuxième Tache Rouge de Jupiter.

Rapidement la tempête sur la planète aux anneaux prenait de l'ampleur et la veille de Noël les techniciens américains en charge de la mission Cassini braquaient les caméras de la sonde en direction de ce cyclone géant. Profitant du passage de Saturne à l'opposition le 3 avril dernier, astronomes amateurs et professionnels se sont mobilisés pour suivre l'évolution de cet immense orage qui continue de s'étendre actuellement.

Trois images de la tempête à ses débuts. a) Image prise le 13 décembre 2010 par l'amateur C. Go. b) Image prise le 22 décembre 2010 par l'amateur A. Wesley. c) Image prise le 24 décembre 2010 par la sonde Cassini. © C. Go/A. Wesley/Nasa/JPL/SSI

Coopération entre amateurs et professionnels

La revue Nature vient de présenter un premier bilan du phénomène à partir des observations menées dans les domaines visible et radio par une équipe dont un des membres est astronome à l'Observatoire de Paris. Les observations radio ont été réalisées par l'instrument radio de la sonde Cassini RPWS (Radio and Plasma Wawe Science). La sonde américaine a également participé aux observations dans le domaine visible aux côtés des grands observatoires terrestres et des astronomes amateurs les mieux équipés. L'article rédigé dans la revue Nature (et présenté en détail dans un compte-rendu de l'observatoire de Paris) révèle que ce nouvel orage est exceptionnellement puissant : la sonde Cassini a enregistré des éclairs dix fois plus intenses que lors des précédents cyclones à une fréquence pouvant atteindre 10 éclairs par seconde. L'énergie radio qu'ils produisent est équivalente à celle émise par toute la planète.

Dans le domaine visible, les photographies montrent un vortex d'une taille impressionnante : il s'étend sur environ 10.000 kilomètres en latitude et plusieurs dizaines de milliers de kilomètres en longitude, au point que les astronomes se demandent s'il ne va pas faire le tour complet de la planète !