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Prévu pour durer 3 mois, le rover Opportunity fête ses 12 ans sur Mars

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Xavier Demeersman, Futura-Sciences

Le 25 janvier, la Nasa a fêté le douzième anniversaire de l’atterrissage d’Opportunity. Le rover à la longévité exceptionnelle – 48 fois celle initialement prévue ! –, entre dans l’hiver martien qui vient de commencer. En grande forme, ses panneaux solaires nettoyés par les vents, il a poursuivi ses recherches géologiques ces derniers temps, en dépit d’un ensoleillement plus réduit. Depuis le solstice, les journées rallongent de nouveau, ce qui profite à la mission.

Le rover Opportunity s’est établi sur les pentes sud de la région Hinners Point, située sur la crête nord de la vallée de Marathon, ici photographiée par Opportunity le 14 août 2015 (sol 4.108). Cette zone ouvre un passage dans les remparts du cratère Endeavour. © Nasa, JPL-Caltech, Cornell University, Arizona State University

En janvier 2004, Spirit et Opportunity furent débarqués successivement à 20 jours d'intervalle à l'opposé l'un de l'autre dans des régions proches de l'équateur martien, à l'intérieur d'inédites enveloppes gonflées d'airbags. Depuis, ils ont décuplé leur temps de mission initialement prévu (48 fois pour Opportunity !). En effet, les deux rovers qui succédaient à Mars Pathfinder (1997) - après plus de 15 ans d'absence des Américains -, ne devaient rouler chacun de leur côté que trois mois seulement. Puisque tout allait bien pour eux, l'exploration s'est prolongée encore et encore. Douze ans plus tard, Spirit est immobilisé tandis que son jumeau, Opportunity, affiche une santé insolente. Le 25 janvier, la Nasa a ainsi fêté le douzième anniversaire de l'arrivée de son robot de 180 kg.

Depuis 2011, l'astromobile arpente la crête du bord ouest du grand cratère Endeavour. En juillet 2015, il a atteint une échancrure dans les reliefs baptisée « vallée de Marathon » en référence au nombre de kilomètres déjà parcourus depuis ses premiers tours de roue dans le cratère Eagle. Par ailleurs, depuis 2014, il est détenteur du record de distance extraterrestre.

Ces derniers mois, pour ne pas avoir à souffrir de carences d'énergie solaire trop importantes avec l'arrivée de l'hiver, les opérateurs d'Opportunity ont veillé à ce qu'il se tienne sur les pentes les plus ensoleillées de la vallée. Le solstice d'hiver austral était le 3 janvier 2016. Jusque-là, comme sur Terre, la durée du jour diminuait et le Soleil était de plus en plus bas au-dessus de l'horizon à midi. Dorénavant, la tendance s'inverse et les journées rallongent jusqu'au solstice d'été. Comparativement à notre planète, sur Mars, la période orbitale étant de presque deux ans, les saisons durent près de six mois. Pour le rover, c'est son septième hiver qui commence.

Image prise le 5 janvier 2016, ou 4.248e jour martien, sur la pente sud de la vallée de Marathon. Après avoir abrasé la surface d’une roche baptisée Private John Potts, l’instrument APXS (Alpha Particle X-Ray Spectrometer) est chargé d’identifier les composants chimiques. © Nasa, JPL-Caltech

Ses panneaux solaires nettoyés par le vent

Une fois de plus, le climat local a profité à Opportunity puisque le vent a balayé une bonne partie de la poussière déposée sur ses panneaux solaires. Une belle opportunité pour lui d'être plus propre. C'est là une des clés de son succès, ce qui lui a permis de poursuivre ses investigations sur les pentes sud (face au Soleil) de cette vallée où affleurent des argiles formées dans des conditions humides et non acides, comme les données satellites de MRO (Mars Reconnaissance Orbiter) le laissaient supposer.

Le rover n'était donc pas au chômage technique durant tout ce temps. Il y a quelques jours, la couche superficielle de la roche nommée Private John Potts a été abrasée pour un examen plus attentif avec les instruments dont son bras mécanique est doté. Les résultats sont attendus dans les prochaines semaines.

Le vaillant robot de la mission MER (Mars Exploration Rover) va donc plutôt bien. Ses panneaux solaires génèrent actuellement plus de 460 Wh par jour alors que, lors de son premier hiver passé sur les flancs de ce grand cratère de 22 km de diamètre, la production ne dépassait pas 300 Wh par jour, obligeant les techniciens à restreindre les opérations.

« Avec un niveau d'énergie aussi bon, nous sommes impatients de terminer le travail dans la vallée de Marathon cette année et de continuer à aller de l'avant avec Opportunity », a conclu le directeur de la mission, John Callas (JPL). Souhaitons longue vie au rover qui devrait encore nous étonner de longues années.

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