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La planète Mars au plus près de la Terre

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C'est une nouvelle opposition martienne qui se produira le 3 mars prochain. L'occasion pour les astronomes de scruter une nouvelle fois la surface de la fascinante Planète rouge.

Mars photographiée lors de l'opposition 2001 par le télescope spatial Hubble alors que la Planète rouge était à 68 millions de kilomètres de nous. © Nasa
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Le ciel du soir est en ce moment riche en planètes. Une fois le soleil couché, on peut déjà tenter le délicat repérage de Mercure sur l'horizon ouest dans les feux crépusculaires. Puis en relevant les yeux personne ne peut ensuite manquer la danse à laquelle se livrent Jupiter et Vénus, spectacle dont l'apothéose est fixée au 14 mars quand les deux astres seront au plus près. Lorsque le ciel est assez sombre tournez-vous vers l'est : la constellation du Lion (connue pour abriter un célèbre trio de galaxies) se lève, accompagnée du point brillant orangé de la planète Mars. Bien qu'elles reviennent tous les 800 jours en moyenne, les oppositions martiennes sont loin de se ressembler.

Le 27 août 2003, nous avions vécu une opposition périhélique exceptionnelle. La planète passait alors à moins de 56 millions de kilomètres de nous, la plus courte distance depuis 60.000 ans, et son diamètre de 25 secondes d'arc était une aubaine pour tous les heureux possesseurs de télescope. Le télescope spatial Hubble lui-même avait été sollicité pour immortaliser ce rapprochement exceptionnel. Cette fois-ci l'opposition est aphélique et Mars sera presque deux fois plus petite dans nos instruments, à plus de 100 millions de kilomètres de nous. Mais ne baissons pas les bras, cette configuration n'est pas si défavorable qu'elle n'y paraît...

La planète Mars saisie le 26 février dernier dans un télescope de 20 centimètres de diamètre. De nombreux détails sont déjà visibles. © R. Morisan

Mars : une planète petite mais nette

Si la planète Mars ne présentera cette fois-ci qu'un diamètre apparent maximum de 13,9 secondes d'arc, les observations depuis la Terre devraient être assez spectaculaires. D'abord bien sûr parce que le matériel astronomique ne cesse d'évoluer (en particulier chez les amateurs) et que des images détaillées ont déjà été réalisées depuis quelque temps, comme le cliché ci-dessus proposé sur notre forum d'astronomie par Richard Morisan, un astrophotographe amateur qui avait déjà imagé la tempête martienne de 2010.

Avec son télescope de seulement 20 centimètres de diamètre, il nous dévoile l'hémisphère boréal de la planète et sa calotte polaire (en bas de l'image). La spectaculaire formation sombre au milieu du disque est Syrtis Major, un plateau volcanique sombre à proximité duquel la sonde Mars Express a photographié de profondes fractures.

En janvier la planète Mars et la Lune s'étaient donné rendez-vous à l'aube. © J.-B. Feldmann

À suivre, une calotte polaire et des satellites

Autre raison de satisfaction, cette opposition se déroule alors que la planète Mars a une déclinaison positive, ce qui signifie que lorsqu'elle passe au méridien (le point le plus élevé de sa trajectoire dans le ciel) elle culmine bien au-dessus des turbulences atmosphériques qui troublent les images télescopiques lorsqu'on pointe des astres à une faible hauteur. Dernière raison de se réjouir, les oppositions aphéliques sont celles où l'atmosphère de Mars est la moins agitée. Très éloignée du Soleil, la Planète rouge est moins sujette aux grandes tempêtes. Ces dernières sont connues pour sévir lors des oppositions périhéliques, soulevant d'immenses quantités de poussière qui masquent les détails du paysage martien pendant plusieurs semaines. En 2003 la grande tempête du mois de décembre avait laissé planer une menace sur l'arrivée prochaine des rovers Beagle 2Spirit et Opportunity.

Voilà donc de bonnes raisons de penser que le cru martien 2012 sera de grande qualité. Concernant l'observation de la planète elle-même, c'est l'hémisphère boréal orienté vers nous qui sera le plus étudié, avec en particulier les modifications de l'étendue de la calotte polaire nord, un empilement de glace et de poussière, sur trois kilomètres d'épaisseur, sculpté par l'activité éolienne. L'opposition est également l'un des rares moments où les astronomes amateurs peuvent tenter de repérer les deux satellites Phobos et Deimos (magnitudes 12 et 13). Enfin, gageons que les astrodessinateurs se chargeront eux aussi d'immortaliser cette opposition avec leurs crayons comme ils l'avaient fait il y a deux ans.