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L’Onu veut protéger la Terre des astéroïdes géocroiseurs

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Si statistiquement, il y a très peu de chances que la Terre entre en collision avec un astéroïde potentiellement destructeur, la menace est bien réelle, comme l'ont montré les événements de la Toungouska en 1908 et de Tcheliabinsk en 2013. D'où la volonté de l'Onu de coordonner au niveau mondial la réponse à apporter pour réduire cette menace.

Cette vue d'artiste montre des astéroïdes aux environs de la Terre. Les experts de l'Esa souhaitent coordonner leurs efforts en matière de détection et éventuellement de déviation de ces objets dangereux. © P. Carril, Esa

La récente explosion d'une météorite au-dessus de Tcheliabinsk, en Russie, et la désintégration d'un petit bolide dans l'atmosphère terrestre en début d'année ont montré la vulnérabilité de la Terre à deux événements qui nous ont pris par surprise. Aucun des deux bolides n'avait été détecté avant l'entrée dans l'atmosphère. Même s'il ne s'agit pas de phénomènes fréquents, cela montre à quel point ce type de menace est bien réel.

Parmi les 600.000 astéroïdes connus dans notre Système solaire, environ 10.000 sont classés comme géocroiseurs et proches de nous (NEA, pour Near Earth Asteroids en anglais) présentant une menace pour la Terre. En d'autres termes, soit leur orbite coupe celle de la Terre, soit elle s'en approche si près qu'une modification de cette orbite pourrait les amener sur une trajectoire de collision avec la notre planète.

Survenue au début du siècle dernier, en 1908, l'explosion d'une météorite au-dessus de la Toungouska, en Sibérie, a couché, brisé ou arraché la totalité des arbres dans un rayon de 60 kilomètres. Plus récemment, sans prévenir, une météorite a explosé au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk en causant des dégâts matériels significatifs. © Leonid Kulik, DP

La détection des débris spatiaux et des astéroïdes proches de la Terre est un enjeu mondial, et la réponse à apporter à la menace d'impact d'objets géocroiseurs doit l'être également, ce qui n'est pas le cas actuellement. Aujourd'hui, il existe des programmes internationaux de surveillance du ciel et des projets spatiaux de protection de la Terre contre des objets menaçants, mais en cas de menace avérée, il n'y a pas de mesures coordonnées au niveau mondial.

Les astéroïdes géocroiseurs, un problème global

Compte tenu des enjeux humains, sécuritaires, économiques et environnementaux à l'échelle d'un pays, d'un continent, voire de la planète, l'Onu s'est saisie du problème. Son Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique (Copuos) a créé un Groupe consultatif pour la planification des missions spatiales (SMPAG), qui a pour but d'élaborer une stratégie sur la façon de réagir à une éventuelle menace de collision avec un astéroïde. En raison de sa nature et de ses conséquences, la menace que représentent les astéroïdes et les comètes ne concerne pas seulement une région. Toute prise de décision doit se faire au niveau mondial et de façon coordonnée.

D'où cette initiative de l'Onu, la première du genre au niveau mondial, à laquelle se sont associées l'Esa et la Nasa. Elle vise à obtenir des États membres de l'Onu qui ont des agences spatiales ou des activités spatiales une politique commune lorsqu'il s'agira d'apporter une réponse dès lors que l'on découvrira un astéroïde filant droit sur la Terre.

À cela s'ajoute que pour réduire cette menace, il faudra également agir et coordonner les activités de plusieurs pays. Ce groupe pourra donc être amené à élaborer une stratégie de défense commune, voire à pousser les agences spatiales vers une collaboration internationale étendue aux programmes de recherche et développement en matière de protection de la Terre par réduction de la menace par la déviation ou la destruction.