En étudiant les images acquises par les satellites de météorologie américains, une équipe de chercheurs a confirmé la trajectoire de la météorite de Tcheliabinsk, initialement calculée à partir de photographies d’amateurs. Voilà qui montre que l’imagerie satellite est un outil précieux pour traquer ces corps célestes inopportuns, qui explosent aussi dans des régions isolées sans que personne ne s’en aperçoive.

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    Tout le monde se souvient de l'explosion retentissante d'une météorite dans le ciel de l'Oural, le matin du 15 février 2013, non loin de la ville de Tcheliabinsk (à 1.500 km de Moscou). L'onde de choc qui suivit son entrée dans la haute atmosphèreatmosphère fit plus de 1.500 blessés et d'importants dégâts matériels dans toute la région. Peu après, de nombreux débris ont été retrouvés, et plus récemment un gros fragment tombé au fond du lac Tchebarkoul a été remonté à la surface.

    Les scientifiques rappellent que cet événement très impressionnant provoqué par une météorite d'environ 17 m de long était totalement inattendu. Ironie du sort, il y avait bien le soir même un astéroïde de 45 à 50 m de diamètre (prévu de longue date) qui frôlait la Terre à une distance record de 28.000 km, mais celui qui explosa dans la stratosphèrestratosphère à une vingtaine de kilomètres d'altitude, personne ne l'avait vu venir... ! Rappelons, par ailleurs, qu'aucun lien direct n'a été établi entre les deux corps célestes, issus de directions différentes.

    De petite taille et réfléchissant très peu de lumière, les météorites comme celle de Tcheliabinsk restent difficiles à débusquer. Même si elles sont rares à se frotter à notre atmosphère, cela démontre que nous ne sommes pas à l'abri de quelques surprises.

    Des fragments de la météorite retrouvés par une équipe de l’université de Tcheliabinsk. © Alexander Sapozhnikov, Wikimedia, Creative Commons

    Des fragments de la météorite retrouvés par une équipe de l’université de Tcheliabinsk. © Alexander Sapozhnikov, Wikimedia, Creative Commons

    Évaluer les menaces de météorites

    Dans l'espoir de mieux déterminer la trajectoire de ce corps céleste, une équipe de chercheurs affiliée aux universités d'État du Colorado et du Wisconsin en association avec des membres de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric AdministrationNational Oceanic and Atmospheric Administration) a recoupé les nombreuses photographiesphotographies prises depuis le sol avec les données acquises au même moment par la flottille de satellites météorologiques américains. Cet apport s'est révélé très précieux, car la traînée de débris formée quelques instants après l'explosion apparaît bien sur les clichés.

    L'imagerie satellite représente donc un outil majeur pour traquer l'entrée de météorites dans notre espace aérien et calculer leur orbite initiale. Selon les spécialistes, plus de 15 % de ces rochers se déplacent par paire voire en triplet. Identifier le plus rapidement possible leur direction d'origine permettrait donc, à l'avenir, de prévenir une catastrophe régionale. Par ailleurs, quoi de mieux que les satellites météorologiquessatellites météorologiques pour repérer d'éventuels intrus interplanétaires qui explosent au-dessus de régions inhabitées, par exemple les vastes océans, sans témoin. En effet, combien entrent dans notre atmosphère chaque année sans que nous ne les ayons jamais vus ni entendus ?