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L'interféromètre radio Lofar scrute des galaxies en collision

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Lofar (LOw Frequency ARray), un radiotélescope européen géant qui cartographie l'univers en basse fréquence, vient de découvrir une collision de sous-amas de galaxies dans Abell 2256.

Vu à la longueur d'onde de 60 MHz, l'amas Abell 2256 révèle de multiples collisions entre petits groupes de galaxies. © Lofar/Observatoire de Paris

Pour observer le ciel en basse fréquence (entre 10 et 240 MHz), l'Europe a choisi de développer Lofar, un réseau de 50.000 antennes réparties sur 48 sites aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suède, au Royaume-Uni et en France (dans la station de radioastronomie de Nancay, département du Cher). Les mesures fournies par ces différents récepteurs sont combinées par interférométrie, permettant d'obtenir l'équivalent d'un radiotélescope géant. L'an passé Lofar avait par exemple permis d'étudier les deux extrémités du jet issu du trou noir supermassif au centre du quasar 3C 196.

De nombreux champs d'études s'ouvriront aux chercheurs lorsque la totalité du réseau Lofar sera opérationnelle : Soleil, planètes, pulsars, trous noirs, galaxies sont autant de sources d'émissions basses fréquences... sans parler des E.T. qui utilisent peut-être ces longueurs d'onde comme nous le faisons pour des applications militaires et civiles ! Les chercheurs ont utilisé Lofar pour étudier l'amas de galaxies Abell 2256. Une équipe internationale (dont fait partie un membre de l'Observatoire de Paris) vient de publier ses résultats dans la revue scientifique Astronomy & Astrophysics.

En France, les antennes de Lofar (en bas à droite sur l'image) sont installées dans la station de radioastronomie de Nançay. © Observatoire de Paris/Lofar/Ivan Thomas

Choc de sous-amas

L'amas Abell 2256 compte plusieurs centaines de galaxies dans un volume de 10 millions d'années-lumière. Observable dans la constellation de la Petite Ourse, il est situé à 800 millions d'années-lumière de la Terre. Son observation est réservée aux grands télescopes puisque sa magnitude est d'environ 15, la galaxie la plus brillante de cet amas étant NGC 6331. L'image de l'amas Abell 2256 réalisée à partir des données fournies par les antennes de Lofar s'avère plus lumineuse et plus complexe que ce qu'on peut observer dans le domaine visible. Selon les scientifiques à l'origine de cette étude (des membres de 26 universités et instituts de recherche différents), il faut imaginer l'amas comme un endroit où se produisent de nombreuses collisions et fusions entre de petits regroupements de galaxies, ce qui explique les multiples sources radio détectées.

Lofar va poursuivre sa cartographie du ciel radio dans le cadre du Lofar Key Survey, un programme qui pourrait permettre de découvrir 100 millions d'objets dans l'univers lointain.