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Éris et Pluton, deux cousines gelées

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Éris est connue pour avoir fait perdre à Pluton son statut de neuvième planète du Système solaire. Elles sont désormais toutes les deux des plutoïdes et les ressemblances ne s'arrêtent pas là.

À 16 milliards de kilomètres, le plutoïde Éris est un monde gelé accompagné d'un petit satellite, Dysmonia. © T. Lombry

En 2003, l'astronome Mike Brown observa un nouvel astre à l'aide du télescope du mont Palomar. Il l'identifia en 2005 comme étant un objet trans-neptunien circulant à 16 milliards de kilomètres, qu'il proposa de baptiser Xéna. Il s'agissait alors de la dixième planète du Système solaire. Les observations du télescope spatialHubble, réalisées en décembre 2005, montrèrent queXéna avait un diamètre de 2.400 kilomètres, légèrement supérieur à Pluton. L'Union astronomique internationale décida donc en 2006 de déclasser Pluton, la rangeant dans la famille des planètes naines avec Xéna, renommée Éris, et Cérès. Deux ans plus tard, l'UAI créait la famille des plutoïdes pour y ranger Éris et Pluton.

D'Éris, on sait peu de choses, si ce n'est que ce plutoïde a un satellite, Dysmonia. D'un diamètre de 150 kilomètres, Dysmonia met 16 jours pour faire le tour d'Éris à 37.000 kilomètres de distance. Une équipe de scientifiques américains (Northern Arizona University, Missouri State University, et observatoire Lowell) a révélé que la surface gelée d'Éris est principalement recouverte de glace d'azote, similaire à la surface de Pluton.

En route depuis 2006, la sonde américaine New Horizons atteindra Pluton en 2015. © Nasa

Aux confins du Système solaire

Stephen Tegler, professeur de physique et d'astronomie à la NAU, est l'auteur principal d'une étude intitulée Abondances de méthane et d'azote sur Éris et Pluton, dont il a présenté les conclusions le 5 octobre, à la 42e réunion annuelle de la Division des sciences planétaires à Pasadena, en Californie. Le document a également été soumis pour publication à l'Astrophysical Journal. Il reprend deux années de recherches menées d'une part dans le laboratoire de glaciologie de la NAU, et d'autre part dans différents observatoires (Mont Hopkins et Kitt Peak). Stephen Tegler, dont le laboratoire de glaciologie est l'un des rares au monde à pouvoir mener ce genre de travail, a déclaré qu'en étudiant la surface glacée des planètes naines, il espérait obtenir une meilleure compréhension des processus en jeu.

Pour simuler les conditions qui règnent sur ces astres, son équipe a analysé la lumière traversant différents échantillons de gaz, placés dans une chambre à vide refroidie jusqu'à -234° C. Les empreintes chimiques des molécules observées ont été comparées aux observations télescopiques de la lumière solaire réfléchie par les surfaces d'Éris et Pluton, révélant qu'environ 90 % de la surface glacée d'Éris est constituée de glace d'azote et environ 10 % de glace de méthane, ce qui n'est pas très différent de Pluton. Pluton qui justement recevra en 2015 la visite de la sonde américaine New Horizons, preuve de l'intérêt que les chercheurs portent aux petits corps gelés qui gravitent au fin fond du Système solaire.

Pour William Grundy, astronome à l'observatoire Lowell et membre de l'équipe New Horizons, « en mesurant et comparant les propriétés d'Éris et Pluton, nous pouvons mieux comprendre comment les planètes du Système solaire externe se sont formées et ont évolué depuis 4,5 milliards d'années ».