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Eboulements et ravines martiennes

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La multiplication des sondes autour de Mars rend possible un suivi géologique de la planète et des changements qui s'y produisent. Même si les temps de revisite d'une région se comptent en années, les scientifiques ont de quoi mieux comprendre la formation de nouveaux cratères, d'éboulements et autres ravines.

Ces images en fausses couleurs (sauf celle du bas) montrent que ces ravines sont formées (ou drainent quelque chose) à base d’eau à l’état glacé. Mais malgré la résolution des instruments qui tournent autour de Mars, il est très difficile de se faire une idée précise sur la nature de ce phénomène. © Nasa/JPL/University of Arizona

La sonde Mars Reconnaissance Orbiter, qui tourne autour de la planète depuis 2004, survole régulièrement de nouvelles ravines qui suscitent beaucoup moins d'intérêt depuis la découverte de la première d'entre elles en 1997 par la sonde Mars Global Surveyor (MGS). Lorsqu'ils ont été vus pour la première fois, ces écoulements en forme de V ont fait penser à une sorte de ruissellement d'eau à l’état liquide. Une théorie qui n'a pas tenu longtemps. Les scientifiques ont rapidement émis d'autres hypothèses, bien mieux acceptées.

Aujourd'hui, on suppose qu'il s'agit soit de glace d'eau réchauffée et mélangée à de nombreux cailloux, soit d'écoulements d’eau sursalée. Les traces blanchâtres que montrent certaines images pourraient être des dépôts de sel laissés sur place après que de l'eau à l'état de glace eut été sublimée. Cependant, certains scientifiques n'en démordent pas et restent convaincus qu'il s'agit d'écoulements d'eau à l'état liquide. Le bénéfice du doute leur est accordé au regard d'expériences en laboratoire qui montrent cette possibilité sous certaines conditions très strictes.

Depuis 1997, le rythme de leur découverte s'est accéléré, non pas à cause d'une recrudescence du phénomène, mais tout simplement parce que les sondes qui tournent autour de Mars sont capables d'observer des détails toujours plus petits. En 1997, MGS avait une résolution de 1,5 mètre par pixel contre 27 centimètres pour Mars Reconnaissance Orbiter, ce qui permet de mieux comprendre le phénomène sans pour autant l'expliquer complètement.