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Comète Ison : un sursaut d'activité photographié par Hubble

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Au lendemain d'un premier sursaut d'activité de la comète Ison, Hubble a photographié sa chevelure de gaz et la queue de poussières qui, depuis, n'a de cesse de s'étendre. Deux autres sursauts ont été observés au cours du mois de novembre par de nombreux astronomes amateurs et professionnels.

La comète Ison photographiée avec des filtres bleu et rouge par Hubble, le 2 novembre. © Nasa, Esa, Hubble Heritage (STScI, Aura)

Au moment où nous écrivons ces lignes, la comète Ison n'est plus qu'à 54 millions de kilomètres du Soleil, vers lequel elle se dirige dans un galop frénétique à une vitesse supérieure à 250.000 km/h, ou 70 km/s. Plus que quelques jours avant le périhélie, prévu le 28 novembre prochain en fin de journée. Si d'aventure elle survit à son excursion périlleuse à environ 1,1 million de km de la surface de notre étoile, cette comète, découverte en septembre 2012 et dont personne ne connaît la taille exacte du noyau (entre 2 et 4 km), pourrait se montrer spectaculaire, les jours suivants, dans les bras de l'aurore. Sera-t-elle la « comète du siècle », comme l'espèrent beaucoup de spécialistes et de passionnés ?

Ison photographiée par Hubble au fil des mois. © Esa, Nasa

Venue du nuage de Oort, aux confins du Système solaire, la comète C/2012 S1 (Ison) voyage depuis environ 10.000 ans. C'est la première fois — et sans doute la dernière, car elle devrait à terme être éjectée du Système solaire — qu'elle contourne le Soleil. Aussi, depuis qu'elle a franchi la limite des glaces (en deçà, le Soleil fait fondre, ou sublimer, la glace) et abordé le Système solaire interne, les observateurs (amateurs et professionnels) qui suivent scrupuleusement son évolution sont très nombreux. À l'approche du brasier solaire, la glace qu'elle contient en grande quantité se sublime. La comète ouvre un peu ses entrailles et libère une partie des gaz et des poussières piégés depuis 4,5 milliards d'années.

Ison dépeinte par Hubble

Au cours de cet épisode, le risque de dislocation et de désintégration est de plus en plus fort. D'ailleurs, les trois sursauts de luminosité constatés au cours de ce mois de novembre sont probablement liés à des explosions (ou bien une fragmentation) de son noyau. Toutefois, l'intégrité de la comète ne semble pas menacée, et elle paraît en bonne santé ! Pour l'instant en tout cas. Car il faut toujours garder à l'esprit que ces astres chevelus sont résolument imprévisibles.

Discontinuités dans la queue de la comète Ison, le 21 novembre. © Joseph Brimacombe

Le premier sursaut lumineux s'est produit le 1er novembre dernier. Le lendemain, le télescope spatial Hubble enregistrait l'activité du noyau et de la chevelure (ou coma) à travers des filtres rouge et bleu (Hubble a également photographié la comète Ison le 10 avril et le 9 octobre). Ceux-ci permettent aux astronomes de mieux distinguer l'anatomie intime de la comète. En effet, les grains de poussières étalés dans la queue reflètent davantage la lumière rouge, tandis que les gaz de la chevelure réfléchissent plus la lumière bleue. À l'avant s'ajoute une teinte bleu vert qui trahit le carbone diatomique (C2) qui abonde dans son atmosphère.

Sur le portrait ci-dessus, chaque pixel représente 24 km. À présent, il est plus facile pour les astronomes amateurs de produire une image de la totalité de la comète au fur et à mesure que sa queue s'allonge (plus de 16 millions de km le 20 novembre).

Suivez la position de la comète Ison en temps réel et pour les prochains jours sur cette simulation proposée par le site SolarSystemScope. © SolarSystemScope

Comète échevelée

Le 13 novembre, une nouvelle explosion a fait bondir son activité d'un facteur dix. Dès lors, la comète est devenue visible à l'œil nu les jours suivants. D'abord comme une pâle étoile de magnitude 6,5, puis progressivement à une magnitude 4 (le 22 novembre). Un nouveau sursaut d'activité a été constaté le 19 novembre, et a créé quelques discontinuités dans les queues de la comète qui ne cessent de s'amplifier.

La fenêtre d'observation de la comète Ison s'amenuise au fur et à mesure qu'elle se rapproche du Soleil. Les 23 et 24 novembre, elle a tenu compagnie à la comète de courte période 2P/Encke, à 4,7° de Mercure. S'enfonçant dans les lueurs de l'aube, elle est devenue très difficile à observer les jours qui précèdent le périhélie. Pour suivre la position d'Ison, vous pouvez aussi consulter une simulation sur le site SolarSystemScope.