Magnifique bolide lors de la pluie d’étoiles filantes des Géminides de 2009. Photo prise dans le ciel du désert de Mojave. Le météore brille devant la constellation d’Orion. © Wally Pacholka, AstroPics.com, Twan

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L’astéroïde Phaéton, associé aux Géminides, va « frôler » la Terre

ActualitéClassé sous :Astronomie , 3200 Phaéton , Géminide

La très belle pluie d'étoiles filantes des Géminides, dont le pic d'activité se produira cette année dans la nuit du 13 au 14 décembre, est vraisemblablement alimentée par Phaéton. Deux jours plus tard, le 16 décembre, ce corps céleste de 5 km atteindra sa plus petite distance avec la Terre depuis plus de 40 ans. L'évènement est une excellente occasion pour les astronomes d'en apprendre plus sur cet astre qui ressemble à un astéroïde.

Le 16 décembre prochain, Phaéton — de son vrai nom 3200 Phaéton (1983 TB) — fera son passage le plus rapproché de la Terre depuis 1974. Mesurant, d'après les observations passées, environ 5 km, il est le troisième plus gros astéroïde géocroiseur potentiellement dangereux. Mais pas de panique pour cette nouvelle visite : l'objet passera à quelque 10 millions de kilomètres, soit près de 27 fois la distance moyenne entre notre planète et la Lune.

Cette proximité, qui ne présente donc aucun danger est, surtout, une formidable occasion pour les chercheurs d'éclaircir la nature ambiguë de cet objet céleste découvert au début de l'automne 1983. (Il n'y aura pas d'aussi faible distance entre la Terre et Phaéton avant 2093.) À Goldstone et à Arecibo, on se prépare à cette visite. « Nous espérons obtenir des images détaillées avec des résolutions aussi fines que 75 m par pixel à Goldstone et 15 m par pixel avec Arecibo, s'enthousiasme l'équipe de l'antenne de Goldstone. Les images devraient être excellentes pour obtenir un modèle 3D détaillé. »

Bien que son nom signifie à l'origine en grec ancien « brillant », Phaéton est un objet plutôt sombre. Les astronomes ont choisi de l'appeler ainsi car au cours de son orbite très elliptique d'une année et demie, il s'approche jusqu'à 20 millions de kilomètres seulement du Soleil, lors de son périhélie. Dans la mythologie grecque, Phaéton est le fils d'Hélios et de Clyméné qui, un peu vantard, avait fini par convaincre son père de pouvoir conduire le char du Soleil à travers la voûte céleste. Mais malheureusement pour lui — et heureusement pour tout le monde —, très maladroit, effrayé par les créatures du zodiaque (notamment par le Scorpion) et ne parvenant pas à maîtriser les chevaux, il fut foudroyé par Zeus avant qu'il ne renverse le char et embrase la Terre et le ciel...

Vidéo en accéléré de la pluie d’étoiles filantes des Géminides. © Photopill, Youtube

Ne manquez pas la belle pluie d’étoiles filantes des Géminides

Phaéton intrigue : de par les similitudes de son orbite avec celle des courants de débris à l'origine des Géminides, il est considéré comme le corps-parent de cet essaim météoritique. Toutefois, son comportement fait davantage penser à un astéroïde qu'à une comète. À moins qu'il ne soit le noyau inactif d'une comète... Par le passé, des astronomes ont déjà surpris des émissions de poussières mais les observations ont montré des tailles inférieures à celles qui pénètrent notre atmosphère lors de la pluie d'étoiles filantes annuelle. Il est possible néanmoins, comme le proposent les chercheurs, que des sursauts d'activité plus forts nous aient échappé jusqu'à présent.

Est-ce que le passage de Phaéton dans le voisinage de la Terre aura un effet sur les Géminides de 2017 ? Pas vraiment. Mais cela ne doit pas dissuader de regarder cet essaim météoritique qui est — on ne le dira jamais assez —, l'un des plus beaux de l'année. Actif entre le 7 et le 17 décembre, il a plusieurs fois fait le bonheur des observateurs avec des pics de 160 météores par heure à son maximum.

Cette année, cela devrait se produire dans la nuit du 13 au 14 décembre. Le minimum attendu devrait être de 120 météores par heure. Alors, n'hésitez pas à braver les nuits fraîches de l'hiver, à l'affût de ces petits grains qui tombent assez lentement dans l'atmosphère. D'autant plus qu'à cette date-là, la Lune sera absente presque toute la nuit.

Les Géminides doivent leur nom à la position du radiant au sein des Gémeaux. Située au-dessus d'Orion, la constellation est très haute dans le firmament au cœur des nuits d'hiver, aux latitudes moyennes.

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Pour en savoir plus

Étoiles filantes : la très belle surprise des Géminides

Article de Jean-Baptiste Felmann publié le 17 décembre 2012

L'un des plus beaux essaims météoritiques de l'année a de nouveau comblé les observateurs les moins frileux avec un maximum d'activité spectaculaire les 13 et 14 décembre, accompagné pour la première fois d'une autre pluie d'étoiles filantes.

Certains spectacles célestes ne sont réservés qu'aux plus motivés des astronomes ; c'est le cas de l'essaim météoritique des Géminides qui, chaque année, ponctue la fin de l'automne par un beau festival céleste. Si le ciel est clair, il faut se préparer à passer deux ou trois nuits dans un froid glacial, loin de toute pollution lumineuse, pour pouvoir admirer quelques-unes des poussières abandonnées par 3200 Phaéton et qui se consument dans un éclat de lumière lorsqu'elles traversent l'atmosphère terrestre. Ce n'est pas l'astrophotographe Babak Tafreshi qui nous contredira, lui qui en décembre 2011 avait choisi les monts Karkas au cœur de l'Iran pour mener la chasse aux Géminides.

Géminide traversant le ciel au-dessus des montagnes, en Iran. © Amirreza Kamkar

Mais qui est donc 3200 Phaéton ? Si l'essaim des Géminides est connu depuis le XIXe siècle (il tire son nom de la constellation des Gémeaux d'où semblent jaillir ces météores), 3200 Phaéton a été découvert au mois d'avril 1983 par le satellite infrarouge Iras. On a d'abord pensé qu'il s'agissait d'un astéroïde, mais son orbite suggère qu'il s'agit plus vraisemblablement d'une très ancienne comète trop usée pour développer une chevelure et une queue.

Une brillante Géminide (on peut comparer son éclat à celui de Jupiter, au centre de l'image) survole les Flatirons, des formations rocheuses dans le Colorado. © Patrick Cullis

La surprise de 2012 : des météores associés à 46P/Wirtanen

Actif du 7 au 17 décembre, l'essaim des Géminides peut produire à son maximum plus de 100 météores à l'heure (une fréquence comparable aux Perséides du mois d'août) avec en prime de nombreuses étoiles filantes très brillantes. Cette année les observateurs étaient avantagés par l'absence de la Lune. Après une dernière apparition à l'aube avec Mercure et Vénus le 12 décembre, notre satellite naturel se faisait discret avant son retour dans le ciel du soir à partir du 16. Des conditions idéales pour observer le maximum d'activité des Géminides dans un ciel bien noir les 13 et 14 décembre, et ceux qui ont échappé aux nuages n'ont pas été déçus.

Contrairement à ce que peut laisser penser cette image réalisée sur l'île grecque de Corfou, l'observation des Géminides ne nécessite aucun instrument astronomique. © Bill Metallinos

De très beaux météores particulièrement lumineux ont été observés et photographiés, que ce soit sous les aurores boréales depuis le nord de l'Europe, en Grèce ou encore dans le désert de l'Arizona. Mais la surprise est venue de l'étude des orbites de 56 météores enregistrés la nuit du 12 au 13 décembre dans le sud des États-Unis par un réseau de caméras automatiques de la Nasa. En plus des étoiles filantes dont la trajectoire correspond à celles des Géminides, plusieurs météores d'une autre origine ont été enregistrés. Leur trajectoire laisse supposer qu'ils sont associés à la comète périodique 46P/Wirtanen, une comète à courte période (5,4 ans) découverte en 1948. Ce nouveau courant météoritique, qui pourrait produire jusqu'à 30 météores par heure, a commencé à se manifester pour la première fois le 10 décembre avec le passage d'un météore très lent dont la luminosité était comparable à celle de Jupiter.

Le spectacle est total au-dessus du lac glaciaire Jökulsárlón, en Islande, avec une aurore boréale, la Voie lactée et le passage d'une Géminide. © Iurie Belegurschi Photography

Les chasseurs d'étoiles filantes peuvent maintenant passer les fêtes de fin d'année bien au chaud avant de retourner contempler le ciel la première semaine de janvier, où un autre essaim très actif les attend, celui des Quadrantides.

  • Le 16 décembre, l’astéroïde 3200 Phaéton fera son passage le plus proche de la Terre depuis 1974.
  • Les astronomes saisissent l’occasion pour obtenir le meilleur portrait jamais réalisé de ce corps céleste découvert en 1983.
  • L’une des plus belles pluies d’étoiles filantes de l’année, les Géminides, est associée à cet objet qui pourrait être un noyau inactif de comète.
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