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Après la Chine, l’Inde rejoint le projet du télescope géant TMT

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L'ambitieux projet TMT, un télescope de trente mètres de diamètre qui devrait être mis en service en 2018, vient de recevoir un nouveau supporter, l'Inde. Lancé par les Etats-Unis, il fait partie des trois projets de télescopes géants pour la prochaine décennie.

Les premières lumières du TMT sont prévues en 2018. Le polissage du premier segment a débuté ainsi que le développement de divers composants du télescope, de l’optique adaptative et du système de contrôle de ces miroirs hexagonaux. Crédit Thirty Meter Telescope Project (TMT)

Le ministre des Sciences et des Technologies de l'Inde vient d'annoncer rejoindre en tant qu'observateur le projet de télescope de trente mètres (TMTThirty meters telescope) qui sera construit sur le Mauna Kea, à Hawaï. Cette arrivée renforce le caractère international de ce projet américain qui comprend également le Canada, le Japon et la Chine. Le TMT est un des trois Extremely large telescopes en projet. Les deux autres sont l'européen E-ELT de l'Eso (le plus grand, avec 42 mètres) et le télescope Magellan de 24 mètres (GMTGiant Magellan Telescope).

Le statut d'observateur est la première étape pour devenir un partenaire à part entière du TMT ouvrant la voie à un droit d'utilisation de l'instrument lorsqu'il sera opérationnel vers 2018. Les discussions vont débuter pour définir la capacité de financement de l'Inde et déterminer son rôle dans la construction de ce télescope géant. Pour l'Inde cette adhésion renforce sa position de puissance spatiale émergente. Pour les responsables du TMT, son arrivée conforte l'assise financière du projet. En revanche, cet accord est un coup dur pour l'Eso qui voit un partenaire potentiel à son projet de télescope géant s'éloigner.

Des miroirs en morceaux

La construction du TMT s'appuie sur des innovations et des avancées technologiques dans de nombreux domaines, comme le contrôle de la précision et l'optique adaptative, nécessaire pour corriger les turbulences induites par l'atmosphère terrestre.

Concernant le miroir primaire, la technique retenue est celle de la segmentation. Au-delà de 10 mètres de diamètre, il est en effet impossible de construire un miroir d'un seul tenant. Il s'effondrerait sous son propre poids. Cette segmentation est la seule technique connue aujourd'hui pour de réaliser des miroirs de cette taille. Elle est déjà utilisée pour des miroirs de dix mètres. Le Grand télescope d'Afrique du Sud de 11,1 mètres (SALT), le plus grand en service aujourd'hui, le Great Canary Telescope (GTC), installé dans l'archipel des Canaries (10,4 mètres) ou encore les deux télescopes Keck de 10 mètres sont tous dotés de miroirs segmentés. Le SALT compte 91 segments, contre 36 pour le GTC et les Keck. Le miroir primaire du TMT sera constitué de 492 segments de 1,4 m installés en nid d'abeille de façon à former un miroir de 30 m.