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Spot-6, premier satellite privé de la filière Spot, sera lancé cet été

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Le premier satellite privé de la filière Spot doit partir à la fin du mois d'août avec un lanceur indien PSLV. Si les cinq premiers Spot ont été financés par les pouvoirs publics français, les Spot-6 et 7 sont réalisés sur les fonds privés d'Astrium. Ils assureront la continuité de la famille Spot jusqu'en 2024.

Plus petit mais tout aussi performant que ses prédécesseurs, le satellite Spot-6 d'Astrium sera lancé à la fin du mois. Il complétera l'offre de service d'imagerie satellitaire d'Astrium GEO-Information Services et garantira à la France une certaine autonomie en matière de surveillance et d'observation de la Terre. © Dominique Eskenazi, Astrium, 2012

Depuis une vingtaine d'années, après les faiblesses mises en évidence lors de la première guerre du Golfe, la France s'est dotée d'un réseau de satellites d'observation de la Terre, pour des applications commerciales, scientifiques et militaires. Dans le domaine civil, c'est avec la filière Spot que l'imagerie satellite a pris son essor.

En permettant l'observation quotidienne de pratiquement n'importe quel point du Globe, de nombreux services étatiques et commerciaux, certains à fortes valeurs ajoutées, ont vu le jour. Aujourd'hui, Astrium GEO-Information Services est le premier fournisseur mondial de produits et de services d'imagerie, issus des données Spot. Pour pérenniser cette activité, sa place de leader et faire face à la concurrence accrue qui s'exerce sur ce secteur, Astrium a décidé, en 2009, de construire deux nouveaux satellites Spot dans le cadre du projet Astroterra.

Que ce soit pour des applications civiles liées à l'environnement, l'urbanisme, l'industrie ou à la commercialisation d'images HD, l'observation de précision de la Terre est une économie stratégique en raison de la place prise, dans notre mode de vie, des applications spatiales. © Astrium Services, Spot Image

Spot-6 et 7 en observation détaillée de la Terre

Spot-6 et 7 garantiront la continuité des données que fournissent actuellement les satellites 4 et 5, respectivement en opération depuis 1998 et 2002. Ces deux nouveaux satellites d'observation de la Terre disposeront d'une fauchée de 60 km. Tous deux livreront des produits d'imagerie offrant une résolution allant jusqu'à 1,5 mètre. Basés sur la nouvelle plateforme Astrosat 500 MkII d'Astrium, Spot-6 et 7 offrent de meilleures performances que leurs prédécesseurs, tout en étant quatre fois plus légers (720 kg contre 3 tonnes pour Spot-5) grâce à l'utilisation de technologies de toute dernière génération (carbure de silicium, nouveau détecteur pour l'instrument, nouvelle avionique pour la plateforme, etc.).

Spot-6 a été transféré du site Astrium Satellites de Toulouse vers le Satish Dhawan Space Centre, en Inde, où il sera intégré sur le lanceur PSLV chargé de le placer en orbite vers la fin du mois d'août. Ce choix peut surprendre pour une société qui construit Ariane 5 mais, il s'est fait en raison du faible coût du lanceur indien. Pour amortir son investissement initial de 300 millions d'euros, Astrium se devait d'utiliser des services d'un lanceur low cost.

Une fois opérationnels, ces deux satellites pourront être exploités avec les deux Pléiades, sur la même orbite offrant ainsi des possibilités d'applications inédites, dans des délais de livraison inégalés, en résolution et en temps de revisite. Ainsi, chaque point du Globe sera vu, chaque jour, à la fois en haute résolution et en très haute résolution. Au-delà de cette performance, Spot-6 et 7 pourront fournir une image large d'une zone donnée tandis que les Pléiades livreront des produits de la même zone, dans un champ de vue plus restreint mais avec un niveau de détails beaucoup plus élevé (50 cm).

Quant à Spot-7, il devrait être lancé en 2014, par un Soyouz ST, depuis la base de lancement de Kourou, en Guyane.