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Salon de Bourget : un programme copieux pour l'ouverture au public

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Après les commandes d'Airbus et de Boeing ou les négociations autour du Rafale, place au spectacle. Le Bourget accueille cette année une magnifique brochette d'avions anciens à côté des plus récents et retrouvera le show aérien de la Patrouille de France.

L'A380, ici au décollage à Toulouse, le plus gros avion de transport de passagers. © Christian Nilsson (à voir dans notre galerie de photos)

Le 48ème Salon de l'aéronautique et de l'espace s'est achevé pour les professionnels avec un bilan « meilleur que prévu », pour reprendre l'expression qui fait florès au Bourget, à égalité avec « la fin de la crise est proche » et « l'année 2010 sera celle du rebond ». Airbus termine la semaine avec 128 commandes, représentant un chiffre d'affaires de 6,8 milliards d'euros et le toulousain ATR a vendu 22 ATR 72, un avion biturbine de transport régional. On affirme même que les Emirats arabes unis « se rapprochent » de l'achat de Rafale, l'avion de chasse « multi-rôles » de Dassault Aviation.

Aujourd'hui vendredi, le salon du Bourget change d'allure et s'ouvre au grand public. Demain samedi, une nouvelle fois, de longues files de piétons marcheront dans cette commune de la banlieue nord de Paris le long de la D317, anciennement N17, la route de Senlis, entre la gare du RER et l'aérodrome, curieusement éloignés. Les voitures, elles, s'agglutineront lentement dans les parkings.

Cette édition, que l'on avait prédit tristounette, vaut-elle le déplacement ? Assurément oui. Les appareils présentés sont nombreux (une centaine) et s'y ajouteront une trentaine d'aéronefs anciens que l'on ne voit pas tous les jours. Le centenaire du salon du Bourget est aussi celui de la traversée de la Manche et on pourra admirer un Blériot XI, le modèle qui a permis à Louis Blériot, le 25 juillet 1909, de franchir l'English Channel, faisant dire que « l'Angleterre n'est plus une île ». Ce vénérable aéroplane nous rappelle que l'aviation n'a qu'un siècle, soit trois générations.

Ne manquez pas non plus le Breguet XIV, bombardier de la Première guerre mondiale qui a connu son heure de gloire dans les années 1920 à l'Aéropostale, entre les mains des Guillaumet, Mermoz, Reine ou Saint-Exupéry. Admirez l'inusable Douglas DC3, avion de transport né en 1935, qui, sous le nom de Dakota, déversa des milliers de parachutistes sur la Normandie un certain 6 juin 1944 et qui perdura jusqu'en 1969 dans la flotte d'Air France, année d'envol du Concorde...

Un Blériot XI (ici vu au meeting de La Ferté-Alais). On remarque l'exiguïté et la simplicité du poste de pilotage. Louis Blériot avait juste un minuscule siège pour s'asseoir et aucun instrument. Les deux éléments de cuivre sont deux réservoirs de 25 litres chacun. (Cliquer sur l'image pour l'agrandir.) © JL Goudet / Futura-Sciences

Le spectacle sera aussi en l'air

De ce vendredi à dimanche, le grand public aura également droit à un joli programme de démonstrations en vol, vendredi entre 13 h 30 et 18 h 30 et samedi entre 12 h 20 et 17 h 20. Vendredi, le premier vol est celui du plus petit, l'APM 40 Simba, construit par Rex Composite et conçu par Issoire Aviation, un quadriplace de loisir et d'école tout en composite. Le dernier est celui du plus vieux des appareils montrés en vol, le Breguet XIV. Samedi, c'est le Blériot XI qui ouvrira le bal aérien.

Entre les deux, le Rafale montrera son extraordinaire maniabilité avec des virages si serrés qu'ils mettent à mal le pilote mais permettent à l'avion de faire un tour complet sur beaucoup moins que la longueur de la piste du Bourget.

Mais il y aura aussi le Fouga Magister CM170, gracieux biréacteur d'entraînement des années 1960, l'Airbus A380, géant des airs, le Supermarine Spitfire, avion de chasse légendaire de la Seconde guerre mondiale, l'Extra 330, avion de voltige moderne, et même le Fokker DR1, triplan du Baron rouge. Bref, un mélange des genres et des époques qui assurera un cocktail rare et spectaculaire.

Samedi 20 et dimanche 21, les démonstrations en vol seront ouvertes par celles de la Patrouille de France, qui n'est pas retournée au Bourget depuis 1973 autrement que pour quelques passages. Cette année-là, le crash du Tupolev-144 avait conduit le ministre de l'Intérieur de l'époque, Michel Poniatowski, à supprimer le show aérien final à partir de 1975. La Patrouille et ses huit AlphaJet (l'appareil qui a remplacé le Fouga Magister) effectueront la première partie de son programme habituel mais pas la seconde, avec des vols en solo qui auraient intercepté les axes d'approches ou de décollage de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Retrouvez le programme complet et détaillé sur le site du salon du Bourget et sur Aéroweb.