Le décollage de Vega pour le vol VV04 avec à son bord le démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV, en février 2015. © Esa, S. Corvaja

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Le lanceur Vega a réussi ses épreuves de qualification

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Rémy Decourt, Futura-Sciences

Entre 2012 et 2015, le jeune lanceur Vega a suivi une série d'épreuves, dans le cadre du programme de démonstration Verta. Au cours de cinq vols, qui furent autant de tests, comme celui de l'IXV, démonstrateur de rentrée atmosphérique contrôlée, Vega a prouvé ses capacités et aussi montré des défauts de jeunesse, qui ont pu être corrigés. Arianespace peut maintenant démarrer la phase d’exploitation avec un bon lanceur pour les satellites institutionnels européens de 1.500 kg, un créneau dont l'entreprise était absente.

L'année 2016 sera celle de l'entrée en exploitation de Vega, le plus petit lanceur d'Arianespace. Au côté d'Ariane 5 et Soyouz, il complétera la gamme d'Arianespace qui peut ainsi proposer des services de lancement répondant à tous les besoins de mission, d'orbite et de masse. Conçu pour répondre à des besoins institutionnels européens et commerciaux, Vega propose, depuis le Centre spatial guyanais, des solutions de lancement en orbite basse, en configuration de lancement simple ou multiple, pour des satellites légers, d'une masse allant de quelques kilogrammes à plus de 1.500 kg.

Après un premier vol de qualification réussi en février 2012, Vega a entamé une série de cinq vols de démonstration, tous différents et réalisés dans le cadre du programme Verta (Vega Research and Technology Accompaniment), de l'Esa (l'Agence spatiale européenne). Ce programme visait à démontrer la flexibilité du lanceur, à traiter un certain nombre d'obsolescences et à permettre l'industrialisation du système de lancement de Vega ainsi que l'augmentation de la cadence des lancements pour un objectif de trois par an.

Le premier vol Verta a eu lieu en mai 2013 avec le lancement des satellites Proba V et VNREDsat 1A, accompagnés du cubesat ESTCub-1. Ce vol a donc qualifié la capacité de lancement multiple, importante pour ce lanceur car ce genre de mission devrait représenter de l'ordre du tiers de ses tirs. Le deuxième lancement, en mai 2014, fut celui du satellite DZZ-HR, du Kazakhstan, amené sur une orbite héliosynchrone. Cette orbite sera le marché principal de Vega.

Un lanceur Vega sur son pas de tir du Centre spatial guyanais. Il est lancé depuis l’Ensemble de lancement 1 (Ela-1), autrefois utilisé par les premières Ariane. Ce pas de tir a été modernisé et a pris le nom d’Ensemble de lancement Vega (ELV). © Esa, S. Corvaja

Trois lancements en 2015, la cadence visée pour l'exploitation

Suivra en février 2015 le lancement du démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV. Il s'était différencié d'un lancement de satellite par l'injection de la charge utile sur une trajectoire de retour vers la Terre. De plus, ce tir s'est fait vers l'est alors que la plupart des clients de Vega l'utiliseront pour lancer vers le nord. On signalera l'utilisation, au sol, d'un radar de flanquement afin de suivre le lanceur sur le côté, ce qui évite d'être gêné par les flammes. Le raffinement n'est pas un luxe car lors du vol inaugural de Vega, la communication radio avec le lanceur a été perdue durant une partie de la première phase du vol. En cause, justement : les effets de flammes, engendrés par la combustion des étages à propergol solide et qui génèrent des émissions de particules métalliques atténuant les signaux radio.

Enfin, Sentinel-2A, lancé en juin 2015, a été séparé en orbite avec une précision de l'ordre de 100 mètres. Une faible quantité d'ergols a été consommée pour atteindre son orbite définitive, ce qui a permis d'augmenter de façon très significative sa durée de vie. Le dernier tir Verta a eu lieu en décembre 2015 avec le lancement du satellite scientifique Lisa Pathfinder, un démonstrateur pour le projet de détecteur spatial d'ondes gravitationnelles. Deuxième lancement vers l'est, ce tir était aussi le troisième réalisé au cours de l'année, soit la cadence de référence pour la commercialisation du lanceur dans la phase d'exploitation.

Ces vols Verta ont été aussi l'occasion d'apporter progressivement de nombreuses petites améliorations pour optimiser la performance du lanceur, traiter les anomalies issues de la qualification initiale, réduire la durée d'une campagne et les coûts du service de lancement. Ce programme a démontré qu'une cadence de lancements de trois tirs par an ne posait pas de problème particulier de production industrielle des différents éléments du lanceur.

Time-lapse : le satellite Sentinel-2A installé au sein du lanceur Vega  Le satellite Sentinel-2A a été mis en orbite le 23 juin 2015 afin d’observer notre planète. Découvrez en vidéo la phase finale d’intégration du satellite au sein du lanceur Vega au cours de cet hypnotisant time-lapse. 

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