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L'Inde prévoit son premier vol spatial habité en 2016

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K. Radhakrishnan, le président de l'agence spatiale indienne, a une nouvelle fois réaffirmé la volonté de l'Inde de devenir la quatrième puissance spatiale capable de lancer un homme dans l'espace en déclarant qu'il prévoyait un vol habité en 2016 avec deux astronautes qui passeront 7 jours en orbite.

Etude conceptuelle d'un véhicule spatial indien. Crédit Space News

Bien que l'échéance de 2016 puisse paraître un peu rapprochée, il y a de fortes chances que l'Inde réussisse son pari avant l'Europe qui réfléchit encore à ce que pourrait être sa vision de l'exploration spatiale (une réunion sur ce sujet est prévue en octobre). Pour l'Inde, la route est tracée. Son gouvernement a déjà donné son feu vert à ce projet en finançant une première tranche à hauteur d'environ 2,8 milliards de dollars. Outre le système de transport spatial à concevoir, la construction d'un nouveau pas de tir à l'intérieur du Centre spatial de Sriharikota et un Centre national des astronautes pour la formation et l'entrainement à Bangalore sont également prévus.

Pour les spécialistes, le programme spatial indien n'est pas seulement ambitieux, il témoigne d'un grand pragmatisme qui a permis à ce pays de devenir une vraie puissance spatiale, qui plus est tout à fait indépendante. Nation en développement rapide, l'Inde s'est dotée d'une capacité de lancement significative et d'une industrie capable de développer et construire ses propres satellites dans les domaines stratégiques que sont l'observation de la Terre et les télécommunications. Ce n'est que tout récemment que l'Inde s'est engagée dans l'étude scientifique du Système solaire, avec la Lune et le Soleil comme premiers objectifs.

Coopération internationale indispensable

Cependant, lancer un homme dans l'espace ne sera pas une mince affaire pour l'Inde qui accuse un retard dans ce domaine. Sur le plan de la technologie spatiale, ce pays n'est pas au niveau des puissances spatiales occidentales, russes et chinoises. Les sauts technologiques à franchir sont donc nombreux et nécessiteront des efforts financiers importants sur plusieurs années.

Du lanceur à la récupération des astronautes sains et saufs après un séjour dans l'espace aux modules orbitaux, tout est à penser, tout est à développer. Débuté en 2006, ce programme ne pourra pas faire l'économie d'une coopération internationale. Alors que la Chine a bénéficié de l'aide directe de la Russie pour l'élaboration de ses vaisseaux Shenzhou (clones du Soyouz) et l'entraînement de ses cosmonautes, ont peut penser que l'Inde sera aidée par les Etats-Unis. Ces deux pays ont signé des accords de transfert de technologies liés à des programmes civils d'utilisation de l'orbite terrestre (satcom, positionnement, EOS) et la Nasa et l'Isro participent régulièrement aux missions scientifiques de l'une et de l'autre.