Vue aérienne des installations Soyouz du CSG. On distingue, dans le fond, les installations dédiées à Ariane 5. © Esa/S. Corvaja 2011

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En image : le site de lancement Soyouz en Guyane

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Le premier décollage d'un lanceur russe Soyouz du Port spatial européen de Guyane se fera depuis un site spécialement conçu. Il a été réalisé en coopération entre la France et la Russie, après que le Conseil de l'Esa a approuvé, en juin 2002, l'installation en Guyane du lanceur russe Soyouz aux... 1.776 lancements.

Situé sur la commune de Sinnamary, à 60 kilomètres de Kourou et à une quinzaine de kilomètres des installations d'Ariane 5, l'Ensemble de lancement Soyouz couvre une superficie d'environ 120 hectares sur lesquels quelque 20.000 m² d'infrastructures en dur ont été construites, réparties en trois zones. Dérivé de ceux existants à Baïkonour et à Plessetsk, ce site de lancement est adapté aux normes françaises et aux spécificités du Centre spatial guyanais. Différence la plus spectaculaire pour un habitué des Soyouz : l'installation des charges utiles s'effectuera alors que le lanceur sera en position verticale. Au Kazakhstan et en Russie, en effet, la fusée est couchée à l'horizontale quand les charges y sont placées.

Pour l'Europe, l'installation de Soyouz en Guyane doit compléter la gamme de lanceur d'Arianespace (Ariane 5, Vega) de façon à disposer de solutions pour le lancement de tous les types de missions. Les plus lourdes seront confiées à Ariane 5, Vega se focalisant sur les lancements scientifiques et Soyouz les satellites de masse moyenne, typiquement 3 tonnes en GTO. À plus long terme, l'idée est d'ouvrir la voie à une coopération plus large entre l'Europe et la Fédération de Russie dans le domaine des lanceurs futurs.

Travaux de terrassement et percement du carneau du site Soyouz (2006). © Esa/Cnes/Arianespace/Photo Optique vidéo du CSG

L'intérêt de tirer Soyouz depuis la Guyane est double. Premier avantage, l'effet de fronde : plus une base de lancement est proche de l'équateur, plus elle tourne vite du fait de la rotation de la Terre (1.662 km/h à Kourou, contre 1.168 à Baïkonour). Second avantage : si la base de lancement est éloignée de l'équateur, le lanceur, puis le satellite devront corriger leur trajectoire en vol pour se placer sur le bon plan, ce qui nécessite plus d'énergie. En combinant effet de fronde et inclinaison, on gagne 30 % d'efficacité. Autrement dit, la position géographique du CSG fournit à Soyouz la possibilité d'accéder plus facilement au marché des satellites de télécommunications et d'augmenter considérablement ses performances en orbite de transfert géostationnaire, passant de 1,7 tonne à Baïkonour à près de 3 tonnes au CSG.

Trois zones distinctes

À l'entrée du site se trouve une zone support comprenant une centrale de production d'énergie équipée de quatre groupes électrogènes (chacun de 1,5 KVa, kilovolts-ampères), une centrale de production d'eau chaude et d'eau froide pour la climatisation des bâtiments et un local de charge batterie et enfin une réserve incendie.

Cette zone abrite également le Centre de lancement, un bunker en béton armé de deux étages équipé d'un toit composé de deux dalles en béton armé. La première, d'une épaisseur de 1,5 m est conçue pour résister à l'impact causé par la chute d'un élément du lanceur (le moteur par exemple). Quant à la seconde (50 cm), elle protège les biens et les personnes à l'intérieur du bâtiment. Ces deux dalles sont séparées par un espace de 30 cm recouvert d'une couche de Kevlar dont le but est d'absorber les débris causés par l'impact.

La zone de lancement photographiée lors des essais de chronologie de lancement, en avril-mai 2011. Au fond, on aperçoit le MIK (bâtiment d'intégration du lanceur) et la voie ferrée qui le relie au portique mobile. © Esa/S. Corvaja 2011

Au milieu du site, se situe la zone de préparation avec le bâtiment d'intégration lanceur (MIK). Ce bâtiment est relié à la Zone de lancement par une voie ferrée d'environ 600 mètres qui permet le transfert du lanceur vers son pas de tir, en position horizontale d'où il sera érigé en position verticale pour la fin de la campagne. Les trois premiers étages du lanceur sont assemblés dans ce bâtiment, à l'horizontale sur un chariot équipé d'un bras élévateur.

Troisième zone du site, le pas de tir comprend le massif (structure enterrée en béton armé destinée à accueillir le lanceur), le carneau, le portique mobile et les quatre mats antifoudre pour protéger le lanceur. Le portique mobile a pour fonction de protéger le lanceur des conditions climatiques. Avec ses neuf plateformes, il permet l'accès aux divers niveaux du lanceur, notamment pour l'intégration à la verticale du composite supérieur composé de l'étage supérieur Fregat, des charges utiles et de la coiffe de type Ariane 4.