Avec dix moteurs Merlin 1D, le lanceur Falcon 9 v1.1 est, en théorie et selon le lieu de lancement, capable de mettre 13 tonnes en orbite basse et jusqu’à 4,8 tonnes en orbite de transfert géostationnaire. © SpaceX

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Falcon 9 : Space X s'apprête de nouveau au lancement de SES-8

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Après deux tentatives de décollage ratées, les voyants sont repassés au vert. Si les conditions météorologiques sont favorables, SpaceX tentera cette semaine, et peut-être ce soir de lancer son Falcon 9 v1.1 pour sa première mission en orbite de transfert géostationnaire.

Initialement prévu lundi 25 novembre, puis reporté une première fois trois jours plus tard, le jour de Thanksgiving, le lancement du satellite SES-8 par un lanceur Falcon 9 devrait avoir lieu cette semaine. Sur son compte Twitter, Elon Musk, fondateur et directeur général de SpaceX, a annoncé qu'il pourrait se dérouler dès ce soir si les conditions météorologiques sont favorables (60 % de chances qu'elles le soient). Si c'est le cas, la fenêtre de tir s'ouvre à 22 h 41 TU et se ferme mardi matin à 0 h 07 TU.

Lors de la première tentative, après de nombreuses interruptions de compte à rebours, le tir a finalement été annulé 13 minutes avant le décollage en raison d'un problème de pression dans le réservoir du premier étage du lanceur Falcon 9 v1.1. Lors de la deuxième tentative, le lancement a été annulé une première fois, moins d'une seconde après l'allumage des moteurs du premier étage, puis une deuxième fois, 48 secondes avant le décollage.

Le satellite SES-8 construit par Orbital Sciences. Il devrait être placé sur une orbite géostationnaire dans le courant de la semaine. © SpaceX

Carnet de commandes à honorer

Pour expliquer ces nombreuses interruptions, il est vraisemblable que les anomalies du lanceur ou de l'équipement au sol soient moins dues au système de lancement en lui-même qu'aux logiciels de contrôle, paramétrés dans des configurations peut-être excessivement trop sensibles.

Compte tenu des enjeux, ce tir est très important à plus d'un titre. Bien qu'un échec du lancement ne condamnerait pas le programme, le délai avant le retour en vol du lanceur serait bien plus problématique. Avec un carnet de commandes significatif de quatre milliards de dollars, dont 75 % de lancements prévus pour le compte de clients commerciaux, il y a une certaine urgence à ce que SpaceX confirme la disponibilité de son nouveau lanceur pour des mises en orbite de transfert géostationnaire, afin de démontrer que la société peut remplir ses obligations contractuelles.

SES-8, le premier satellite GTO de SpaceX

À cela s'ajoute que l'ancienne version du Falcon 9, qualifiée pour lancer la capsule Dragon à destination de la Station spatiale internationale, a été retirée du service. Elle n'est donc plus produite. Un échec du lancement de SES-8 clouerait également au sol la capsule Dragon pour un certain nombre de mois.

Quant au client, l'opérateur luxembourgeois SES, il prend son mal en patience. Le satellite, sous contrôle et en bon état de santé, n'a pas été débarqué du lanceur. Pour rappel, SES-8 est le premier satellite que SpaceX lance en orbite de transfert géostationnaire. D'une masse au lancement d'environ 3,2 tonnes, SES-8 est construit autour de la plateforme Star 2.4 d'Orbital Sciences. Il comprend 33 répéteurs en bande Ku. SES-8 sera copositionné avec le satellite NSS-6 sur la position orbitale de 95° E. Depuis cette position, il offrira des services de communication au-dessus de la zone Asie-Pacifique. Ce satellite est prévu pour fonctionner pendant au moins 15 ans.