L’architecture de l’EGP met en œuvre le concept du centaure qui consiste en une plate-forme mobile (EGP-Rover) surmontée d’un robot anthropomorphe (EGP-Robot). Crédit Thales Alenia Space

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Eurobot : un centaure européen pour l'espace

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Thales Alenia Space vient de livrer à l'Agence spatiale européenne un robot qui préfigure ce que pourrait être l'exploration future du Système solaire. Il fournira une assistance pendant les activités extravéhiculaires à bord de la Station Spatiale et pour les futures missions spatiales habitées vers d'autres mondes

Il s'appelle Eurobot, ou plus précisément EGP (Eurobot Ground Prototype). Cet assistant robotique de surface repose sur un concept baptisé centaure qui consiste en une plate-forme mobile (EGP-Rover) surmontée d'un robot anthropomorphe (EGP-Robot), pourvu de deux bras articulés dotés de capteurs de force ainsi que de systèmes de vision. L'ensemble ainsi constitué est autonome et capable de se déplacer seul à la surface de la Lune ou de Mars, ou encore le long de l'ISS.

En l'état, ce prototype ne fonctionnera peut-être jamais ailleurs que sur Terre. Mais il prépare le terrain pour la génération suivante, celle qui sera envoyée sur d'autres planètes pour rechercher des traces de vie, voire rapporter des échantillons sur Terre. A plus long terme, il pourrait assister efficacement les astronautes sur place pour les débarrasser des tâches les plus lourdes et les plus contraignantes comme s'apprête à le faire dans la Station spatiale Robonaut-2.

Ce centaure s'appuie sur les avancées permises par Eurobot, un programme de l'Esa qui visait à mettre au point un robot capable de se déplacer de se déplacer sur toute la surface extérieure de la Station en s'agrippant à des mains courantes. EGP a pu démontrer des capacités de déplacement et de travail qui diffèrent totalement de ce que sont capables de faire les bras robotiques de la Station.

Essai d’Eurobot dans la piscine du Centre des astronautes européens de Cologne en Allemagne (2007). Des plongeurs ont simulé une sortie extravéhiculaire. Le robot était chargé d'accompagner et d'assister le plongeur en assurant la manipulation d'une boîte à outils. © Esa / H. Rub

Un prototype qui a déjà fait ses preuves

Conçu pour être exploité à la surface d'une planète, pour préparer l'atterrissage des astronautes puis pour soutenir leurs activités après leur débarquement, il a mené à bien avec succès deux missions. La première consistait en la préparation d'un site lunaire pour recevoir des astronautes et la seconde comportait des opérations de soutien aux astronautes déjà présents sur la planète qui ont utilisé le robot pour achever la préparation du site.

En matière de robotique, l'Europe a acquis une certaine compétence qu'elle n'a pour l'instant pas réussi à démontrer dans l'espace. EGP, Eurobot et Era, (le bras européen qui sera lancé en 2011 pour être installé sur la partie russe de la Station) montrent ses avancées dans ce domaine.

S'il est indéniable qu'industriels et agences spatiales doivent se concerter pour investir dans la collaboration entre astronautes et robots en préparation de l'exploration spatiale, il faut garder à l'esprit que les programmes actuels laissent à penser que ce type de besoin demeure un objectif lointain. A très court terme, c'est sur les sondes automatiques, pas celles de la télédétection mais les atterrisseurs et les rovers, qu'on a le plus besoin de robots. En comparaison, les vols habités font relativement peu appel à l'intelligence artificielle et aux robots, les astronautes étant censés fournir leur irremplaçable matière grise. Ils ont juste besoin de systèmes démultiplicateurs d'efforts.

Ces programmes ambitieux ne doivent pas faire oublier que l'Europe travaille également à automatiser des tâches aussi complexes que celles liées à la recherche de la vie extraterrestre et le retour d'échantillons.