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Salon du Bourget 2009 : crise à la Une et vieux coucous à la fête

ActualitéClassé sous :aéronautique , Astronautique , centenaire de la traversée de la Manche

Pour son centenaire et pour celui de la traversée de la Manche par Louis Blériot, le 48ème salon du Bourget, sur lequel vous trouverez sur Futura-Sciences un dossier détaillé et une galerie d'images, s'ouvre dans une ambiance morose. Les nouveautés et l'optimisme sont rares. Mais on peut en trouver...

Népéhlios, le dirigeable solaire, s'apprête à franchir la Manche, sans aucune émission de gaz carbonique ni consommation d'énergie fossile. © Sol'R

Ce lundi 15 juin 2009 s'est ouverte la quarante-huitième édition du Salon international de l'Aéronautique et de l'Espace, alias salon du Bourget. Rassemblant la crème des productions aéronautiques de la planète, commerciales, militaires, d'affaire et de tourisme, sur l'aéroport du Bourget, LFPB pour les pilotes, au nord de Paris, le salon est réservé aux professionnels du 15 au 18 juin, et s'ouvrira au grand public du vendredi 19 au dimanche 21 juin.

Cette édition est particulière. Tout d'abord, elle fête le centenaire du salon du Bourget, né en 1909. C'est donc toute une histoire ! Retrouvez-là dans notre dossier spécial Salon du Bourget : le rendez-vous du centenaire et dans notre galerie de photos.

1909, de plus, occupe une place à part dans l'histoire de l'aviation. Le 25 juillet de cette année-là, près de Calais, à 4 heures 35 du matin, Louis Blériot, qui vient de se brûler par deux fois au pied et à la cheville gauches lors de compétitions (qu'il a remportées) dans les jours précédents, s'élance de la laiterie Grignon en direction de la mer à bord de son Blériot XI. Ce monoplan à ailes basses est tiré par l'inénarrable moteur Anzani, à trois cylindres en éventail, dépourvu de carter d'huile, obligeant le pilote à presser toutes les trois minutes une poire en caoutchouc pour pomper le précieux liquide de graissage depuis un réservoir à l'arrière et l'envoyer dans le moteur. A 5 h 13, après avoir bifurqué vers le sud le long des côtes anglaises pour s'approcher de Douvres, il reconnaît le port de Deal, veut grimper pour éviter de s'écraser contre la falaise, repère une échancrure, voit un drapeau tricolore agité par un homme (un journaliste du Matin, Charles Fontaine), estime l'atterrissage possible sur une prairie, coupe les gaz (il n'y a pas de ralenti sur l'Anzani) et se pose durement.

En vedette : un dirigeable solaire

Le Blériot XI sera en 2009 au Bourget, ainsi que d'autres vieux aéroplanes, rassemblés notamment grâce à l'activisme de Gérard Feldzer, l'actuel responsable du Musée de l'air et de l'espace, dont la visite est possible durant toute la durée du salon grâce à des billets spéciaux « Packs de visite ».

Le salon 2009 est aussi celui de la crise. Les participants, venus de 48 pays, ont répondu présents et seront plus de deux mille. Mais on remarque quelques grands absents, en particulier Cessna et Gulfstream, spécialisés dans l'aviation d'affaires, un secteur actuellement au ralenti. De son côté, Dassault Aviation n'espère pas une flambée de contrats pour ses Falcon durant le salon. Airbus ne présentera pas de nouveauté et, pour l'entreprise, l'heure est surtout aux recherches sur les causes du crash de l'A330 au-dessus de l'Atlantique, lesquelles, malgré les déclarations, les affirmations et les suppositions médiatiquement surexposées, exigent du temps et du soin.

Mais  il y aura aussi pour les visiteurs du salon du spectacle et des nouveautés. L'engin le plus innovant sera sans doute... un dirigeable solaire, du moins son prototype, baptisé Népéhlios. Né en 2008, le projet Sol'R réunit trois étudiants autour de Stéphane Rousson, spécialiste du dirigeable qui préparait sa traversée de la Manche avec un engin de ce genre mais à pédales. Le Néphélios, lui, avec ses 22 mètres de longueur et ses 5,5 mètres de diamètre, est mû par des deux hélices mises en mouvement par un moteur électrique alimenté par des cellules photovoltaïques installées sur la partie supérieure.

Avec sa grande surface, un dirigeable est en effet un bon support pour des cellules solaires souples et sa faible consommation, puisque la portance est assurée passivement par la poussée d'Archimède, le rend compatible avec une motorisation modeste. Il suffisait d'y penser... et surtout de le réaliser.

Confiante, l'équipe espère traverser la Manche cet été, cent ans après Louis Blériot...