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Ariane 6 : enfin un accord pour le futur lanceur européen

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C'est fait. Français et Allemands se sont finalement entendus sur une version d'Ariane 6. Le coup d'envoi de ce lanceur économiquement plus performant qu'Ariane 5 a été donné hier lors de la session du Conseil au niveau ministériel de l'Agence spatiale européenne qui vient de se tenir au Luxembourg.

En donnant son feu vert au développement d'Ariane 6, l'Europe rassure les clients d'Arianespace qui, ainsi, étoffe son offre de services avec un lanceur moins coûteux qu'Ariane 5. © Esa, D. Ducros

Les ministres en charge des activités spatiales des 20 pays membres de l'Esa ont trouvé hier au Luxembourg un accord au sujet d'Ariane 6, le lanceur qui doit succéder à Ariane 5 en 2020. Ce n'est peut-être pas la meilleure solution technique qui a été choisie mais c'est le meilleur compromis trouvé entre les Français et les Allemands qui, depuis le précédent conseil ministériel, tenu à Naples en novembre 2012 et ayant acté le développement d'Ariane 6, ne parvenaient pas à s'accorder au sujet de ce lanceur.

Depuis cette date, plusieurs versions ont été proposées et il était également question de mettre au point un lanceur intermédiaire, l'Ariane 5 ME avec ses 12 tonnes de capacité, qui finalement ne verra pas le jour. Seul regret, cette sixième version sera développée sans rupture technologique. Certes, cela consolide l'offre commerciale d'Arianespace en améliorant sa compétitivité (les lancements coûteront nettement moins cher) et sécurise l'accès indépendant à l'espace aux satellites européens mais on aurait aimé voir poindre une nouvelle génération. À l'exception du moteur réallumable Vinci, développé pour Ariane 5 ME et qui sera adapté à l'étage supérieur d'Ariane 6, les ingénieurs vont faire du neuf avec du vieux.

Les deux lanceurs de la famille Ariane 6. La version à deux boosters (ou propulseurs d'appoint) et la version à quatre boosters. © Esa

Ariane 6 moins puissante mais plus économique qu'Ariane 5

La version choisie est celle que nous vous avons présentée en septembre. Pour résumer, il s'agit d'un lanceur à deux étages décliné en deux configurations. L'une compte deux boosters (modèle A62) et se destine plutôt au marché des satellites institutionnels, qu'ils soient scientifiques, civils ou militaires. L'autre configuration, la plus puissante, dotée de quatre boosters (A64), qui pourra emporter deux satellites de 4,5 tonnes chacun en orbite de transfert géostationnaire, vise le marché du lancement de satellites. Moins puissante que l'actuelle Ariane 5 ECA et ses onze tonnes de capacité, la nouvelle fusée est conçue pour répondre au défi que pose SpaceX et son lanceur low cost qui s'appuie sur les contrats juteux du gouvernement américain pour casser les prix. À cette concurrence s'ajoute celle du russe Soyouz qui prévoit d'être présent en Guyane à l'horizon... 2020. Ce n'est pas un hasard si, avec la famille Ariane 6 et le lanceur Vega C, l'Esa couvre la plage de performances du Soyouz.

Aussi les ministres ont-ils également donné le feu vert au développement de Vega C, une version évoluée du lanceur Vega mis en service dernièrement à Kourou et dont nous nous sommes fait l'écho récemment. Ce futur lanceur sera plus puissant, deux tonnes contre une tonne et demie sur l'orbite de référence, de sorte qu'il améliorera l'attractivité commerciale de Vega. L'idée est de le doter d'un nouveau moteur qui serait à développer en synergie avec Ariane 6, afin que le premier étage de Vega C soit également utilisé comme booster d'appoint pour les deux versions de l'Ariane 6 décidée hier au Luxembourg.