Santé

Plonger à 100 mètres en apnée : suivez cet exploit minute par minute

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Plonger en apnée ne se résume pas à retenir sa respiration tout en se pinçant le nez. C'est une façon de pousser le corps humain dans ses retranchements, un défi où une simple erreur peut être fatale. Will Trubridge est un des maîtres de cette discipline. Suivez-le grâce à ce document de la chaîne Discovery Science, extrait du programme Forces de la nature.

Avant chaque descente, le plongeur doit se préparer psychologiquement, se détendre. La température de l'eau, le stress et l'activité musculaire vont influer sur la durée de l'apnée. Sa performance dépend de la capacité à économiser l'oxygène contenu dans ses poumons et son organisme, ainsi qu'à la gestion des risques de la plongée. Il oxygène son corps grâce à de longues et profondes inspirations en prenant garde de ne pas entrer en hyperventilation, ce qui ferait augmenter son rythme cardiaque. S'ensuit l'entrée dans l'eau, puis la plongée commence. Ce jour-là, une caméra a suivi Will Trubridge et cette vidéo, diffusée par Discovery Science dans le programme Forces de la nature, nous fait vivre cette plongée exceptionnelle.

Dès 25 m de profondeur, les premiers effets se font sentir. Le plongeur descend à une vitesse de 1 m/s en moyenne, et s'enfonce sans effort, presqu'en chute libre. Son rythme cardiaque ralentit de 50 %, le sang contenu dans les bras et les jambes se dirige vers les organes vitaux comme le cœur et le cerveau, mais aussi les poumons, empêchant leur écrasement : c'est l'érection pulmonaire.

Au bout de 45 s, le plongeur atteint 50 m, le ralentissement du rythme cardiaque, la pression et la privation d'oxygène plongent l'apnéiste dans un état méditatif. Dès 1 min 30 s, la barre des 100 m est atteinte. À cause de la pression de l'eau sur la cage thoracique, les poumons passent de la taille d'un melon à celle d'une orange.

Il est temps de remonter. C'est, psychologiquement, la partie la plus dure. Au bout de 2 min 30 s, le plongeur est à nouveau vers 60 m de profondeur. Le besoin de respirer devient de plus en plus pesant, dû au fort taux de dioxyde de carbone dans le sang.

2 min 50 s après sa première entrée dans l'eau, l'apnéiste est remonté à 35 m. Il continue de nager vers la surface, d'autres plongeurs lui viennent en aide pour des raisons de sécurité. À 3 min 15, c'est la phase la plus critique. L'apnéiste n'est plus qu'à 10 m de profondeur, il risque une syncope si le cerveau cesse de fonctionner pour économiser l'oxygène. Après 4 min de voyage, le plongeur émerge enfin et peut à nouveau prendre une bouffée d'air bien méritée.

© Discovery Science